{"id":1218,"date":"2024-10-31T17:42:27","date_gmt":"2024-10-31T16:42:27","guid":{"rendered":"https:\/\/lesgrandesdames.fr\/?p=1218"},"modified":"2024-10-31T17:50:33","modified_gmt":"2024-10-31T16:50:33","slug":"marie-antoinette-la-femme-avant-la-reine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lesgrandesdames.fr\/index.php\/2024\/10\/31\/marie-antoinette-la-femme-avant-la-reine\/","title":{"rendered":"Marie-Antoinette\u00a0: La femme avant la reine"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1218\" class=\"elementor elementor-1218\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-a44895f e-flex e-con-boxed wpr-particle-no wpr-jarallax-no wpr-parallax-no wpr-sticky-section-no e-con e-parent\" data-id=\"a44895f\" data-element_type=\"container\" data-core-v316-plus=\"true\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2ab6ab8 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2ab6ab8\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.20.0 - 26-03-2024 *\/\n.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-stacked .elementor-drop-cap{background-color:#69727d;color:#fff}.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-framed .elementor-drop-cap{color:#69727d;border:3px solid;background-color:transparent}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap{margin-top:8px}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap-letter{width:1em;height:1em}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap{float:left;text-align:center;line-height:1;font-size:50px}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap-letter{display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t<p><span style=\"font-weight: 400;\">Si Marie-Th\u00e9r\u00e8se d&rsquo;Autriche et Marie Leszczynska ont \u00e9t\u00e9 des reines discr\u00e8tes, \u00e9vinc\u00e9es de la post\u00e9rit\u00e9 par le charisme des ill\u00e9gitimes, Marie-Antoinette d\u2019Autriche (1755-1793) a su marquer de son empreinte l\u2019histoire de France. De par son attrait pour les arts et sa passion amoureuse pour le comte su\u00e9dois Hans Axel de Fersen (1755-1810), la derni\u00e8re reine de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime n\u2019a jamais renonc\u00e9 \u00e0 sa vie de femme. Bien que la R\u00e9volution l\u2019ait fauch\u00e9e en pleine jeunesse, elle n\u2019a cess\u00e9 depuis de fasciner cin\u00e9astes, historiens et \u00e9crivains, au point que nous ne comptons plus le nombre d\u2019\u0153uvres qui lui sont consacr\u00e9es. Il est donc forc\u00e9 de constater que celle que l\u2019on surnommait \u00ab\u00a0Madame D\u00e9ficit\u00a0\u00bb a connu dans l\u2019immortalit\u00e9 que conf\u00e8re l\u2019Histoire la repentance \u00e0 laquelle elle a toujours aspir\u00e9.<\/span><\/p><p><b>Les jeunes ann\u00e9es d\u2019une reine.<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La guerre de Sept Ans (1756-1763) opposant la coalition franco-autrichienne \u00e0 la coalition anglo-prussienne marque les ann\u00e9es 1760. Mettant \u00e0 contribution les colonies fran\u00e7aises comme anglaises, il s\u2019agit du premier conflit mondial selon la d\u00e9finition contemporaine du terme. Le royaume de Louis XV en sort plus meurtri que jamais. Outre la perte de nombreux territoires, c\u2019est l\u2019image de la France \u00e0 l\u2019\u00e9tranger qui est consid\u00e9rablement ternie. En r\u00e9ponse \u00e0 cela, le duc de Choiseul, premier ministre en exercice, sous les conseils de la favorite d\u2019alors, la marquise de Pompadour, a l\u2019id\u00e9e de renforcer la puissance fran\u00e7aise en scellant une alliance p\u00e9renne avec l\u2019Autriche. Comme au temps du trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es, le mariage appara\u00eet comme la meilleure alternative\u00a0: le dauphin \u00e9pousera une Hasbourg, h\u00e9riti\u00e8re du Saint-Empire Germanique.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">P\u00e9nulti\u00e8me enfant d\u2019une grande fratrie &#8211; quinze enfants &#8211; de l\u2019Empereur Fran\u00e7ois Ier du Saint-Empire et de Marie-Th\u00e9r\u00e8se, archiduchesse d\u2019Autriche et reine de Hongrie, Marie-Antoinette Jos\u00e8phe Jeanne de Hasbourg-Lorraine est n\u00e9e le 2 novembre 1755. Contrairement \u00e0 la Cour fran\u00e7aise o\u00f9 r\u00e8gne le faste et la profusion, l\u2019Empire autrichien tend \u00e0 privil\u00e9gier un luxe discret ainsi qu\u2019une \u00e9ducation centr\u00e9e sur les arts et les lettres. L\u2019\u00e9tiquette \u00e9tant moins stricte que dans l\u2019hexagone, la petite Marie-Antoinette passe une enfance relativement simple, aupr\u00e8s des siens. Elle vagabonde avec ses s\u0153urs dans la campagne avoisinant le ch\u00e2teau, tout en pratiquant de nombreux instruments. Ce sont des jeunes ann\u00e9es somme toute communes que vit la petite fille. Ce protocole all\u00e9g\u00e9 ne tardera pas \u00e0 lui manquer une fois dauphine puis reine de France tant le gouffre s\u00e9parant les deux royaumes se r\u00e9v\u00e8le abyssal.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La mort de son p\u00e8re alors qu\u2019elle n\u2019a que neuf ans bouleverse l\u2019\u00e9quilibre de la famille puisque l\u2019imp\u00e9ratrice prend en main seule l\u2019\u00e9ducation de ses enfants. C\u2019est \u00e0 contrec\u0153ur et par respect pour la volont\u00e9 de son d\u00e9funt \u00e9poux que cette derni\u00e8re accepte de c\u00e9der sa fille au royaume de France, alors qu\u2019en Autriche les mariages d\u2019inclination sont d\u00e9j\u00e0 favoris\u00e9s aux mariages arrang\u00e9s. Il faudra n\u00e9anmoins attendre que la jeune Marie-Antoinette soit \u00ab\u00a0r\u00e9gl\u00e9e\u00a0\u00bb pour qu\u2019elle puisse poursuivre ce destin trac\u00e9 pour elle quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Ce jour finit par arriver le 7 f\u00e9vrier 1770. Elle n\u2019a alors que quatorze ans.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s une correspondance intensive entre l\u2019imp\u00e9ratrice et le duc de Choiseul, la jeune fille renonce officiellement \u00e0 ses droits sur la couronne d\u2019Autriche avant de quitter l\u2019Empire qui l\u2019a vue na\u00eetre. Elle ne reverra jamais sa m\u00e8re de son vivant. Le mariage par procuration a lieu le 19 avril 1770 \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Augustin. Au pr\u00e9alable, la jeune fille a d\u00fb se d\u00e9partir de tous les effets provenant de son pays, de ses v\u00eatements \u00e0 son chien en passant par sa langue maternelle, afin de symboliser sa renaissance fran\u00e7aise. Si le dauphin n\u2019a pas encore vu sa future \u00e9pouse, les \u00e9chos qui parviennent \u00e0 Versailles sont \u00e9logieux. On d\u00e9crit l\u2019adolescente comme belle et gracieuse, bien qu\u2019elle n\u2019ait pas de \u00ab\u00a0gorge\u00a0\u00bb \u00e9quivalent actuel de poitrine, elle remporte tous les suffrages et ce, sans avoir encore fait son entr\u00e9e \u00e0 la Cour. Marie-Antoinette n\u2019est que peu enchant\u00e9e par les r\u00e9jouissances. Elle envisage m\u00eame le tremblement de terre survenu \u00e0 Lisbonne le jour de son arriv\u00e9e sur le sol fran\u00e7ais comme \u00e9tant un pr\u00e9sage de mauvais augure. La suite de sa vie lui confirmera qu\u2019elle avait raison.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le cort\u00e8ge traverse de nombreuses villes o\u00f9 le peuple se presse pour apercevoir celle qui deviendra leur reine un jour prochain. De Strasbourg \u00e0 Ch\u00e2lons-sur-Marne, Marie-Antoinette fait la connaissance de figures princi\u00e8res comme de membres \u00e9minents du clerg\u00e9. La barri\u00e8re de la langue ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019acqu\u00e9rir la sympathie de ceux qu\u2019elle rencontre. Le voyage prend fin \u00e0 Compi\u00e8gne o\u00f9 l\u2019attend le duc de Choiseul dont elle a tant entendu parler. Le mariage sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 16 mai 1770 \u00e0 Versailles, en pr\u00e9sence du grand-p\u00e8re de la jeune fille, L\u00e9opold Ier, d\u2019ambassadeurs et de l\u2019ensemble de la Cour.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Hasard ou non, de nombreux incidents viennent ternir la f\u00eate comme autant de mauvais pr\u00e9sages. Si un scandale \u00e9clate apr\u00e8s que L\u00e9opold Ier a invit\u00e9 la cousine de Louis XV \u00e0 danser, allant \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019\u00e9tiquette fran\u00e7aise, c\u2019est l\u2019 incendie qui \u00e9clate lors de la f\u00eate qui marque le plus les noces. Plus de cent victimes sont recens\u00e9es apr\u00e8s l\u2019explosion des fus\u00e9es cens\u00e9es offrir aux invit\u00e9s un feu d\u2019artifice l\u00e9gendaire. De plus, aucun courtisan ne veut valser avec la jeune mari\u00e9e. Pire encore, les dames prennent un malin plaisir \u00e0 ignorer celle qu\u2019elles surnomment d\u00e9j\u00e0 avec insolence \u00ab\u00a0l\u2019autrichienne.\u00a0\u00bb Autant de choses qui promettent une int\u00e9gration difficile pour la future souveraine. Quant \u00e0 la nuit de noces, elle s\u2019av\u00e8re calamiteuse tant les jeunes gens ignorent tout de l\u2019amour. Cela n\u2019emp\u00eache pas le dauphin de tomber imm\u00e9diatement amoureux de sa femme.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019inconscient populaire fait de Louis XVI un roi sot, d\u00e9pourvu \u00e0 la fois d\u2019instruction et de savoir-faire politique. D\u00e9crit comme particuli\u00e8rement niais, le portrait que la post\u00e9rit\u00e9 a fait de lui se r\u00e9v\u00e8le non seulement peu flatteur mais surtout incorrect. En effet, s\u2019il est devenu dauphin suite aux d\u00e9c\u00e8s de ceux qui \u00e9taient initialement pressentis pour diriger le royaume, il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une \u00e9ducation soign\u00e9e prestement supervis\u00e9e par Louis XV. D\u2019un naturel curieux, la politique ext\u00e9rieure devient rapidement sa mati\u00e8re de pr\u00e9dilection si bien qu\u2019il se familiarise tr\u00e8s t\u00f4t avec les diff\u00e9rents types de gouvernement qui naissent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Jeune homme introverti, tous les jours, le futur roi grimpe sur les toits de Versailles pour m\u00e9diter avant de partir \u00e0 la chasse o\u00f9 il excelle. S\u2019il est, certes, d\u00e9crit comme taciturne et introverti, il n\u2019en demeure pas moins des plus r\u00e9fl\u00e9chis. Le dauphin a seulement quinze ans lorsque le mariage est scell\u00e9. Aussi, s\u2019il aime son \u00e9pouse, le jeune homme peine \u00e0 le lui faire comprendre. De son c\u00f4t\u00e9, Marie-Antoinette ne ressent pas l\u2019attirance que ressent son mari \u00e0 son \u00e9gard. Bient\u00f4t s\u2019instaure une forme d\u2019amiti\u00e9 amoureuse platonique entre les adolescents, au grand dam de Louis XV et de l\u2019imp\u00e9ratrice d\u2019Autriche qui guettent l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un h\u00e9ritier.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Les premi\u00e8res ann\u00e9es de Marie-Antoinette \u00e0 la Cour ne sont pas de tout repos. Comme son mari, elle d\u00e9teste l\u2019atmosph\u00e8re de d\u00e9bauche et de luxure qui \u00e9mane de la cour fran\u00e7aise. Ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans la simplicit\u00e9, c\u2019est d\u2019un \u0153il particuli\u00e8rement critique qu\u2019elle envisage les m\u0153urs qui l\u2019entourent. D\u00e9test\u00e9e par la majorit\u00e9 des courtisans, l\u2019adolescente se rapproche des \u00ab\u00a0filles du roi\u00a0\u00bb lesquelles nourrissent une inimiti\u00e9 f\u00e9roce envers la favorite en titre, Jeanne du Barry. N\u2019acceptant pas l\u2019id\u00e9e que la ma\u00eetresse de Louis XV soit une ancienne prostitu\u00e9e, ces d\u00e9votes n\u2019ont de cesse de d\u00e9nigrer cette derni\u00e8re. Marie-Antoinette leur embo\u00eete le pas, refusant m\u00eame de saluer la favorite en pr\u00e9sence du roi. Si son mari est trop \u00e9pris pour condamner son comportement, il n\u2019en est pas de m\u00eame pour Louis XV qui ne manque d\u2019exiger que la dauphine se montre davantage avenante envers sa ma\u00eetresse.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans la correspondance entre Marie-Antoinette et sa m\u00e8re, la jeune fille n\u2019aura de cesse de d\u00e9crier la pr\u00e9sence d\u2019une ancienne galante \u00e0 la Cour. L\u2019imp\u00e9ratrice comprenant sa fille, lui demande cependant de se montrer plus conciliante\u00a0: pour le bien de l\u2019alliance entre les deux pays, il ne faudrait pas que les \u00e9tats d\u2019\u00e2mes de Marie-Antoinette engendrent sa r\u00e9pudiation. La jeune fille finit donc par s\u2019adresser \u00e0 Jeanne du Barry par ces c\u00e9l\u00e8bres mots \u00ab<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0 Il fait beau \u00e0 Versailles\u00a0 aujourd\u2019hui<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb pour preuve de sa bonne volont\u00e9. Les \u00ab\u00a0filles du roi\u00a0\u00bb, se sentant trahies par la jeune fille dans leur campagne de d\u00e9nigrement vis-\u00e0-vis de la favorite de Louis XV, lui retireront la parole. De plus, le d\u00e9part du duc de Choiseul, son principal alli\u00e9 tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce \u00e0 la demande de Jeanne du Barry, la laisse profond\u00e9ment esseul\u00e9e. Ainsi Marie-Antoinette n\u2019a d\u2019autre choix que de se replier sur elle-m\u00eame avant de pouvoir se cr\u00e9er un espace \u00e0 elle, loin des manigances de cour, le petit Trianon qu\u2019on rebaptisera plus tard \u00ab\u00a0le hameau de la reine.\u00a0\u00bb<\/span><\/p><p><b>A royal affair.<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019ann\u00e9e 1774 marque un tournant d\u00e9cisif dans la vie de Marie-Antoinette. Le roi Louis XV meurt de la variole le 10 mai, l\u2019amenant \u00e0 devenir \u00e0 dix-huit ans seulement reine de France et de Navarre. Elle en profite pour inciter son mari devenu Louis XVI \u00e0 chasser d\u00e9finitivement Jeanne du Barry de la Cour. L\u2019ancienne favorite est donc exil\u00e9e au couvent loin de Versailles, rendant ainsi Marie-Antoinette victorieuse de leur rivalit\u00e9. \u00c0 l\u2019automne, la jeune reine fait une rencontre qui change le cours de sa vie. \u00c0 l\u2019issue de son Grand Tour d\u2019Europe, le comte su\u00e9dois Axel de Fersen fait son entr\u00e9e \u00e0 la Cour de France. Contemporain direct de Marie-Antoinette \u2013 ils sont tous deux n\u00e9s en 1755 \u2013 il est dot\u00e9 d\u2019une beaut\u00e9 ind\u00e9niable. Telle une statue grecque ayant pris forme humaine, le comte su\u00e9dois poss\u00e8de des traits parfaits sur une silhouette \u00e9lanc\u00e9e, chose qui ne manque pas de favoriser son int\u00e9gration aupr\u00e8s des courtisanes.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La rencontre a lieu au grand bal de l\u2019Op\u00e9ra o\u00f9 Marie-Antoinette se rend incognito sous un masque. Lui ignore tout de l\u2019identit\u00e9 de celle avec qui il minaude, quant \u00e0 elle, elle jubile de redevenir, le temps d\u2019une soir\u00e9e, une jeune fille comme les autres. Le rapprochement a lieu, scellant le d\u00e9but d\u2019une histoire d\u2019amour qui ne prendra fin qu\u2019au d\u00e9c\u00e8s d\u2019Axel de Fersen pr\u00e8s de quarante plus tard.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">S\u2019ils se sont d\u00e9j\u00e0 bri\u00e8vement crois\u00e9s \u00e0 la cour d\u2019Autriche lorsqu\u2019ils \u00e9taient enfants, le coup de foudre entre Marie-Antoinette et Axel de Fersen est imm\u00e9diat. La jeune souveraine n\u2019ayant connu qu\u2019une amiti\u00e9 tendre pour son \u00e9poux, elle d\u00e9couvre la passion issue du sentiment amoureux. Bient\u00f4t reparti pour les besoins de son titre, la correspondance entre la jeune souveraine et le comte ne cessera pas qu\u2019en 1778, lorsque ce dernier s\u2019installera d\u00e9finitivement \u00e0 la cour de France.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Si Marie-Antoinette a toujours d\u00e9cri\u00e9 les extravagances de \u00ab\u00a0La du Barry\u00a0\u00bb, une fois reine, elle d\u00e9veloppe un attrait similaire \u00e0 celui de sa rivale pour la mode. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 critiqu\u00e9e pour ne pas avoir donn\u00e9 un h\u00e9ritier au tr\u00f4ne, elle se renferme pour un go\u00fbt av\u00e9r\u00e9 pour les belles robes et l\u2019apparat. Ses coiffures \u00e0 plusieurs \u00e9tages l\u2019emp\u00eachent parfois de passer les portes comme ses robes volumineuses. La reine est de plus en plus belle. Blonde aux yeux bleus, elle poss\u00e8de un visage long et fin qui font d\u2019elle une magnifique jeune femme. Le roi est sensible \u00e0 la beaut\u00e9 de sa femme, acceptant toutes ses folies en termes de v\u00eatements co\u00fbteux et de bijoux. Ce luxe si ouvertement affich\u00e9, notamment dans les portraits annuels de la reine, fait jaser le peuple. Aussi, les quolibets ne cessent de prolif\u00e9rer, comme il en \u00e9tait autrefois le cas pour Jeanne du Barry. On dit la reine st\u00e9rile et le roi impuissant. Des images \u00e0 caract\u00e8re pornographique mettant en sc\u00e8ne Marie-Antoinette passent la porte de Versailles, emmenant la jeune femme \u00e0 se replier davantage sur elle-m\u00eame. La Cour lui \u00e9tant ouvertement hostile, elle se s\u00e9pare des vieux aristocrates pour finalement s\u2019entourer d\u2019un groupe d\u2019amis dit de favoris compos\u00e9e de la comtesse de Polignac, de la d\u00e9vote princesse de Lamballe, du duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny et plus tard d\u2019Axel de Fersen.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Lass\u00e9e de la vie de Cour et profond\u00e9ment atteinte par l\u2019hostilit\u00e9 de son peuple, Marie-Antoinette d\u00e9cide d\u2019am\u00e9nager un coin \u00e0 elle o\u00f9 elle pourra se ressourcer \u00e0 sa guise. Le roi lui octroie le Petit Trianon, d\u2019abord construit pour Madame de Pompadour avant d\u2019\u00eatre occup\u00e9 par Jeanne du Barry. Nostalgique de son enfance bavaroise, elle d\u00e9sire que ce lieu ressemble \u00e0 une ferme typique des campagnes autrichiennes. Si le hameau de la reine est initialement dispos\u00e9 comme un jardin anglais entour\u00e9 de maisonnettes en chaume, l\u2019ajout d\u2019une laiterie et l\u2019introduction d\u2019animaux accentuent son c\u00f4t\u00e9 bucolique. La reine mange les l\u00e9gumes qu\u2019elle fait pousser, boit le lait de ses vaches et passe des heures enti\u00e8res autour du lac qu\u2019elle fait construire. La simplicit\u00e9 de la vie \u00e0 Trianon lui donne la force n\u00e9cessaire pour assumer ses responsabilit\u00e9s. Bient\u00f4t, elle renoue \u00e9galement avec les arts et les lettres. En effet, friande des pi\u00e8ces de Beaumarchais et des vaudevilles en vogue, la reine fait construire un th\u00e9\u00e2tre dans son hameau. Si la d\u00e9pense fait parler, les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s sont principalement du pl\u00e2tre et du bois, chose qui t\u00e9moigne de la gratuit\u00e9 des ragots. Entour\u00e9e de ses favoris, Marie-Antoinette donne parfois la r\u00e9plique, d\u00e9frayant la chronique et s\u2019\u00e9mancipant de l\u2019\u00e9tiquette, en jouant des r\u00f4les de domestiques. Le roi vient souvent l\u2019admirer, se comportant davantage comme un mari \u00e9pris que comme un monarque. On rapporte une Marie-Antoinette dou\u00e9e pour la com\u00e9die, prompte \u00e0 apprendre son r\u00f4le en un temps record. Un loisir qui choque autant qu\u2019il interpelle. Et pour cause, une reine qui joue les fermi\u00e8res et qui interpr\u00e8te des personnages de servante ne peut laisser personne indiff\u00e9rent.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans sa singularit\u00e9, Marie-Antoinette s\u2019\u00e9loigne de l\u2019arch\u00e9type de la reine effac\u00e9e comme Versailles en a connu depuis des d\u00e9cennies. Louis XVI, \u00e0 l\u2019inverse de ses a\u00efeuls, ne prendra pas de favorite. S\u2019il n\u2019est pas int\u00e9ress\u00e9 par l\u2019amour physique, l\u2019admiration qu\u2019il nourrit envers sa femme le comble. Malgr\u00e9 leur \u00e9quilibre, le couple royal dont le mariage n\u2019est pas encore consomm\u00e9, n\u2019a pas encore d\u2019h\u00e9ritier. Aussi, l\u2019imp\u00e9ratrice d\u00e9cide de s\u2019en m\u00ealer afin de sortir sa fille de l\u2019embarras et \u00e9viter sa possible r\u00e9pudiation.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La question des enfants taraudant la jeune femme, elle tombe sous le charme d\u2019un gar\u00e7onnet, Armand Gagn\u00e9 durant un de ses d\u00e9placements en province. Orphelin de m\u00e8re et de p\u00e8re, il vit aupr\u00e8s de sa grand-m\u00e8re. D\u2019une beaut\u00e9 ang\u00e9lique, la reine d\u00e9cide de le ramener \u00e0 Versailles afin de l\u2019adopter. L\u2019enfant se montre d\u2019abord r\u00e9ticent avant de c\u00e9der aux effusions de la jeune femme. Armand devient le premier fils du couple royal mais la France enti\u00e8re attend, plus que jamais, un h\u00e9ritier.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le 19 avril 1777, le fils a\u00een\u00e9 de Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Autriche, Joseph, fait son entr\u00e9e \u00e0 la Cour. Il devient rapidement le confident du couple et leur donne de pr\u00e9cieux conseils pour qu\u2019ils deviennent parents. Un an plus tard, Marie-Antoinette accouche d\u2019une petite fille, Marie-Th\u00e9r\u00e8se Charlotte. Apr\u00e8s une fausse couche en 1779, elle donnera naissance au dauphin, Louis-Joseph en 1781 puis \u00e0 Louis Charles en 1785 et enfin \u00e0 Sophie de France en 1786.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Leur descendance assur\u00e9e, le couple royal peut d\u00e9sormais se consacrer aux affaires du royaume. Marie-Antoinette, en d\u00e9pit de sa propension \u00e0 fl\u00e2ner \u00e0 Trianon et \u00e0 donner la r\u00e9plique \u00e0 ses favoris, s\u2019int\u00e9resse de plus en plus \u00e0 la politique int\u00e9rieure, adoptant un r\u00f4le de conseill\u00e8re aupr\u00e8s de son \u00e9poux.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Si l\u2019\u00e9quilibre de la famille royale semble prendre forme, c\u2019est sans compter sur le retour d&rsquo;un amour qui ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre raviv\u00e9\u00a0: Axel de Fersen, d\u00e9sireux de se rapprocher de Marie-Antoinette, s\u2019installe \u00e0 la Cour.<\/span><\/p><p><b>Un triangle amoureux.<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Axel de Fersen pose ses bagages \u00e0 la Cour le 25 ao\u00fbt 1778, pour le plus grand plaisir de Marie-Antoinette. C\u2019est \u00e0 cette occasion qu\u2019il prononcera la fameuse phrase\u00a0: <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u00a0C\u2019est une ancienne connaissance, le reste de la famille ne me dit pas mot<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">.\u00a0\u00bb Tr\u00e8s vite, le comte su\u00e9dois int\u00e8gre les favoris de la reine, ce qui engendre la cr\u00e9ation de moments privil\u00e9gi\u00e9s. Ils partagent d\u00e9sormais une vraie intimit\u00e9 au sein du hameau de la reine. Dans le jardin se trouve m\u00eame une alc\u00f4ve \u00e0 l\u2019abri des regards o\u00f9 les jeunes gens, alors \u00e2g\u00e9s de vingt-trois ans, aiment passer du temps. Passage \u00e0 l\u2019acte ou pas, nous n\u2019avons nulles certitudes, ce qui est certain, c\u2019est que des liens solides se cr\u00e9eront durant cette p\u00e9riode. Si Marie-Antoinette aime son mari et admire ses qualit\u00e9s de monarque, c\u2019est une relation davantage complice qu\u2019elle entretient avec son amant. Durant deux ans, le couple ill\u00e9gitime vivra, en secret, une liaison passionn\u00e9e, s\u2019attirant les jalousies d\u2019une bonne partie des courtisans.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">En 1780, Axel de Fersen est envoy\u00e9 en Am\u00e9rique o\u00f9 fait rage la guerre d\u2019ind\u00e9pendance. D\u00e9sempar\u00e9e par son d\u00e9part, Marie-Antoinette se rapproche alors de son mari en devenant une conseill\u00e8re politique de choix. Les premiers ministres se succ\u00e9dant, Louis XVI a plus que jamais besoin d\u2019\u00eatre \u00e9paul\u00e9 et il trouve dans son \u00e9pouse le soutien dont il a besoin. Par ailleurs, il est rassur\u00e9 dans sa masculinit\u00e9 de retrouver la pleine attention de sa femme apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tant d\u00e9laiss\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est un mariage bas\u00e9 sur l\u2019amiti\u00e9 et le respect qui unit le couple royal. Aussi, la reine ne pourra jamais se r\u00e9soudre \u00e0 faire souffrir son mari bien que son c\u0153ur de femme amoureuse penche invariablement vers le bel Axel de Fersen. Les deux relations ne se ressemblent en rien mais comblent \u00e0 elles deux les besoins de la souveraine. Louis XVI lui apportant fid\u00e9lit\u00e9 et constance, Axel de Fersen, passion et piment.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Entre 1780 et 1783, le couple ill\u00e9gitime entretient une importante correspondance. Dans son journal, le comte su\u00e9dois donne \u00e0 Marie-Antoinette le pseudonyme de Jos\u00e9phine. \u00c0 son retour, il est profond\u00e9ment marqu\u00e9 par les horreurs de la guerre. Aussi ne cache-t-il pas avoir connu de nombreuses femmes durant leur s\u00e9paration forc\u00e9e. Dot\u00e9 d\u2019un physique fort avantageux, Axel de Fersen pla\u00eet aux femmes et il le sait. S\u2019il n\u2019aime que sa royale amante, le comte su\u00e9dois multiplie les conqu\u00eates pour noyer le chagrin engendr\u00e9 par la frustration de ne pas \u00eatre le seul homme de la vie de Marie-Antoinette. Il refusera n\u00e9anmoins de se marier afin se conserver intact son amour pour la jeune femme.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Cette derni\u00e8re, alors d\u00e9test\u00e9e par le royaume car consid\u00e9r\u00e9e comme la responsable de la crise \u00e9conomique que traverse le pays, se voit attribu\u00e9e le surnom entr\u00e9 dans la post\u00e9rit\u00e9 de \u00ab\u00a0Madame D\u00e9ficit.\u00a0\u00bb Sa popularit\u00e9 est au plus bas comme celle de Louis XVI \u00e0 qui on reproche l\u2019investissement de la France dans la guerre d\u2019ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine. L\u2019affaire du collier, sinistre machination dans le but de la discr\u00e9diter, ach\u00e8vera d\u2019asseoir son impopularit\u00e9. C\u2019est donc dans un contexte particuli\u00e8rement difficile que les amants se retrouvent. Exacerb\u00e9e par le manque cr\u00e9\u00e9 par une si longue absence, leur passion se scelle et s\u2019intensifie.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Les visites intimes se multiplient jusqu\u2019\u00e0 l\u2019installation d\u00e9finitive d\u2019Axel de Fersen \u00e0 Versailles. Le comte loge dans l\u2019h\u00f4tel de Luynes, pr\u00e8s des appartements de Marie-Antoinette afin de favoriser les rencontres nocturnes. Le couple passe ses journ\u00e9es ensemble aupr\u00e8s des favoris de la reine, lesquels ne manquent pas de s\u2019absenter pour leur laisser des moments d\u2019intimit\u00e9. Aussi, des doutes quant \u00e0 la paternit\u00e9 du dauphin jailliront \u00e0 la Cour bien que rien ne soit r\u00e9ellement prouv\u00e9. Pour \u00e9viter le scandale, Axel de Fersen rend r\u00e9guli\u00e8rement visite \u00e0 ses g\u00e9n\u00e9raux, s\u2019absentant ainsi une dizaine de jours pour apaiser l\u2019ardeur des rumeurs.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le roi, atteint par les messes basses autour de son enfant, fera preuve d\u2019un grand d\u00e9tachement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce dernier, refusant m\u00eame de l\u2019appeler \u00ab\u00a0mon fils\u00a0\u00bb. Il est d\u2019ailleurs rapport\u00e9 une forte ressemblance entre le petit gar\u00e7on et Axel de Fersen, ce qui continue \u00e0 entretenir le doute jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Pour \u00e9viter le scandale, le comte quitte momentan\u00e9ment la cour afin d\u2019apaiser la col\u00e8re du roi et ainsi se faire oublier. La reine se retrouve alors face \u00e0 un mari jaloux d\u00e9sireux de profiter de l\u2019absence de son rival pour marquer des points. Le couple de parents se retrouvent donc souvent \u00e0 Trianon o\u00f9 ils d\u00e9gustent ensemble les fruits et l\u00e9gumes du jardin. Le roi s\u2019int\u00e8gre m\u00eame aux parties de billard dont raffole sa femme. De son c\u00f4t\u00e9, Marie-Antoinette, qui a besoin d\u2019admirer pour aimer, se laisse attendrir par les efforts incommensurables de Louis XVI pour maintenir son royaume debout. Fi\u00e8re d\u2019\u00eatre la femme de celui qui se bat pour garder vivante la dynastie des Bourbons, elle sera \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s dans les d\u00e9cisions les plus importantes \u00e0 prendre. De son c\u00f4t\u00e9, Axel de Fersen multiplie les liaisons par d\u00e9pit tout en continuant d\u2019\u00e9crire \u00e0 sa \u00ab\u00a0Jos\u00e9phine.\u00a0\u00bb<\/span><\/p><p><b>La chute d\u2019une reine<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le 5 mai 1789, Louis XVI convoque les \u00c9tats-G\u00e9n\u00e9raux. La R\u00e9volution est aux portes de Versailles et le roi n\u2019a pas d\u2019autre choix pour tenter de calmer l\u2019ardeur des r\u00e9volutionnaires. Le train de vie luxueux de Marie-Antoinette est point\u00e9 du doigt, son am\u00e9nagement du Petit Trianon en ferme bucolique se voit scrut\u00e9 puis tourn\u00e9 en d\u00e9rision. Un malheur n\u2019arrivant jamais seul, le dauphin contracte la tuberculose. Le couple royal, au chevet de l\u2019enfant, se replie sur lui-m\u00eame, face \u00e0 son d\u00e9clin progressif, rendant presque anecdotique la crise politique qui se joue simultan\u00e9ment.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Au terme de plusieurs mois d\u2019agonie, Louis-Joseph d\u00e9c\u00e8de le 4 juin faisant de son fr\u00e8re cadet, Louis-Charles, \u00e2g\u00e9 de quatre ans \u00e0 peine, l\u2019h\u00e9ritier de la couronne. Ironie du sort, ce dernier contractera la m\u00eame maladie quelques ann\u00e9es plus tard, lors de son internement au Temple, laquelle lui sera \u00e9galement fatale.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Marie-Antoinette garde le berceau de naissance de Louis-Joseph aux c\u00f4t\u00e9s de son lit tant les \u00e9v\u00e9nements ne lui permettent pas de faire son deuil. Le roi et la reine se rapprochent dans leur douleur. Comme des parents ordinaires, l\u2019\u00e9preuve de la mort d\u2019un enfant les fragilise et les emm\u00e8ne \u00e0 se soutenir mutuellement.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le dernier premier ministre en date, Jacques Necker, rend sa d\u00e9mission d\u00e9but juillet. La <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">vox populi<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> interpr\u00e8te ce d\u00e9part comme une volont\u00e9 du roi de r\u00e9gner seul. C\u2019est de ce malentendu que na\u00eet la prise de la Bastille. Marie-Antoinette veut convaincre le roi de s\u2019exiler tant la violence du peuple para\u00eet incontr\u00f4lable. On raconte que sa t\u00eate ainsi que celles de ses favoris sont mises \u00e0 prix, ce qui pousse la reine \u00e0 se renseigner sur une possible contre-r\u00e9volution.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le 14 juillet 1789 a pourtant commenc\u00e9 comme une journ\u00e9e ordinaire \u00e0 Versailles. Le roi, parti chasser \u00e0 l\u2019aube, apprend que des \u00e9meutiers se dirigent vers le ch\u00e2teau. Il met fin \u00e0 son loisir et s\u2019en va rejoindre la reine qui n\u2019est pas encore r\u00e9veill\u00e9e. \u00c0 peine le temps de rentrer que les r\u00e9volutionnaires ont d\u00e9j\u00e0 tranch\u00e9 la t\u00eate des gardes. Ils font irruption dans l\u2019entr\u00e9e principale, massacrant un \u00e0 un, serviteurs et courtisans. La reine, alert\u00e9e par sa suivante, empruntera la porte dissimul\u00e9e derri\u00e8re son lit, la m\u00eame qui lui permettait de rejoindre Axel de Fersen ou encore sa salle de bains privative. Accompagn\u00e9e de sa servante, elle gagne les appartements de ses enfants \u00e0 la lueur du flambeau, sans savoir que son mari d\u00e9ambule \u00e0 son tour dans les passages secrets pour la retrouver. Certains de ses favoris se glissent p\u00e9niblement dans un petit salon o\u00f9 la reine finit par faire son entr\u00e9e. Le peuple gagne du terrain, saccageant m\u00eame la chambre o\u00f9 Marie-Antoinette dormait quelques minutes plus t\u00f4t. La t\u00eate des gardes du corps de la famille royale sur des piques, c\u2019est la reine qu\u2019ils viennent chercher. Alors que tous s\u2019inqui\u00e8tent du roi, ce dernier jaillit \u00e0 son tour de la porte secr\u00e8te, soulag\u00e9 de retrouver sa femme et ses enfants qu\u2019il cherchait en vain. Si elle demeure calfeutr\u00e9e un temps, la famille royale ne tardera pas \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9e puis install\u00e9e aux Tuileries. Marie-Antoinette ne reverra jamais ni Versailles ni le hameau qu\u2019elle a tant aim\u00e9.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Ayant appris l\u2019arrestation de sa dulcin\u00e9e, Axel de Fersen gagne \u00e0 son tour Paris o\u00f9 il s\u2019installe en toute discr\u00e9tion. Le roi, la reine et leurs enfants sont enferm\u00e9s dans le palais des Tuileries, r\u00e9sidence royale alors abandonn\u00e9e, et ils ne peuvent s\u2019en \u00e9chapper. Les diff\u00e9rentes entr\u00e9es \u00e9tant tr\u00e8s surveill\u00e9es, il lui est impossible de rejoindre Marie-Antoinette sans risquer d\u2019\u00eatre, \u00e0 son tour, arr\u00eat\u00e9. La seule solution pour les amants de communiquer se r\u00e9v\u00e8le, \u00e0 nouveau, les lettres.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Marie-Antoinette et Axel de Fersen entament donc une correspondance enti\u00e8rement cod\u00e9e o\u00f9 ils glissent des mots doux et entreprennent de mener \u00e0 bien la contre-r\u00e9volution. Leurs missives se divisent en deux cat\u00e9gories\u00a0: diplomatiques, o\u00f9 le comte instruit la reine de ce qui se passe \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des Tuileries, et sentimentales, o\u00f9 tous deux se d\u00e9clarent leur amour. Le langage est finement crypt\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019un chiffrement sp\u00e9cifique dont seuls eux deux ont le secret. Ils utilisent parfois l\u2019encre invisible afin de dissimuler les passages les plus tendancieux. Un syst\u00e8me de gribouillage intervient lorsque le couple se montre particuli\u00e8rement passionn\u00e9 et explicite. Il faut dire que le courrier est surveill\u00e9 et que le roi peut tomber, par m\u00e9garde des messagers, sur une r\u00e9ponse de son rival.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Axel de Fersen est, plus que jamais, d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 sauver la femme qu\u2019il aime. Aussi, monte-t-il un projet d\u2019\u00e9vasion finement \u00e9labor\u00e9 pour mettre Marie-Antoinette en lieu s\u00fbr. Il faut dire que la r\u00e9volution gronde et plus que jamais le sort du couple royal se voit menac\u00e9. Ainsi s\u2019organise sur deux ans ce que nous nommerons plus tard la fuite \u00e0 Varennes, motiv\u00e9 par un amour toujours aussi intense et une abn\u00e9gation amoureuse sans comparaison. Avec l\u2019aide du duc de Breteuil, ancien ministre de la Maison du roi et de Paris, le plan se dessine. Reste \u00e0 convaincre Louis XVI.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Depuis la mort du dauphin et la prise de la Bastille, le roi souffre de d\u00e9pression. Louis XVI est amorphe, apathique, particuli\u00e8rement passif concernant son sort et celui des siens. Marie-Antoinette doit prendre les devants pour qu\u2019il accepte l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u00e9vasion. S\u2019il voit d\u2019un tr\u00e8s mauvais \u0153il l\u2019implication d\u2019Axel de Fersen dans cette fuite, il se laisse finalement convaincre par sa femme. La date est fix\u00e9e pour la nuit du 20 juin 1791. Le roi devra se d\u00e9guiser en valet pour \u00e9chapper \u00e0 la surveillance de La Fayette et se glisser hors du palais.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Mettant ses comp\u00e9tences militaires \u00e0 profit, Axel de Fersen a tout pr\u00e9vu pour sauver sa bien-aim\u00e9e. Toutes les \u00e9tapes du voyage sont minut\u00e9es, ne laissant nulle place au hasard. Le but \u00e9tant de rejoindre Montm\u00e9dy o\u00f9 se trouve un alli\u00e9 de choix, le marquis de Bouilli\u00e9, g\u00e9n\u00e9ral en chef de la brigade de la Meuse, et d\u2019ainsi acc\u00e9l\u00e9rer la contre-r\u00e9volution tout en pla\u00e7ant Marie-Antoinette hors de danger.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Axel de Fersen se charge personnellement des enfants tandis que Marie-Antoinette rejoint la troupe clandestine par ses propres moyens. \u00c9lisabeth de France, s\u0153ur de Louis XVI, est \u00e9galement du voyage. En revanche, le marquis d\u2019Agoult est finalement \u00e9cart\u00e9 au profit de la gouvernante des enfants, chose qui jouera en d\u00e9faveur de la famille attendu que celui-ci est dot\u00e9 d\u2019une parfaite connaissance des r\u00e9gions fran\u00e7aises. La voiture quitte Paris en toute discr\u00e9tion, sans \u00eatre stopp\u00e9e par les gardes qui quadrillent la ville. En revanche, l\u2019ambiance parmi les voyageurs se r\u00e9v\u00e8le \u00e9touffante car, au stress de l\u2019\u00e9vasion, s\u2019ajoutent les mauvais sentiments de Louis XVI vis-\u00e0-vis de son rival. Aussi, ce dernier exige son d\u00e9part \u00e0 Bondy, au premier relais, perdant ainsi, apr\u00e8s le marquis d\u2019Agoult, sa seule chance de parvenir \u00e0 destination. Le manque d\u2019exp\u00e9rience du roi scellera l\u2019issue malheureuse que nous connaissons.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Devenu le seul homme de l\u2019\u00e9quipage, Louis XVI ne cessera d\u2019accumuler des retards inutiles, notamment en initiant un long pique-nique ou encore en se montrant imprudent en discutant avec des paysans lors d\u2019un relais. Il sera m\u00eame reconnu par un royaliste, lequel se gardera, par ses convictions monarchiques, de donner l\u2019alerte.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L&rsquo;alarme est donn\u00e9e \u00e0 sept heures le 21 juin \u2013 soit l\u2019heure du r\u00e9veil du roi et de la reine \u2013 la nouvelle de l\u2019\u00e9vasion se propage rapidement \u00e0 la province, principalement aux tenanciers de relais. Cette agitation sans pr\u00e9c\u00e9dent profitera au fr\u00e8re de Louis XVI, futur Louis XVIII, qui fuira Paris pour Mons et \u00e9chappera ainsi \u00e0 son destin. De son c\u00f4t\u00e9, Axel de Fersen se dirige d\u00e9j\u00e0 vers la Belgique afin de se mettre en s\u00e9curit\u00e9. Il y retrouvera une de ses ma\u00eetresses, la m\u00e9c\u00e8ne qui a financ\u00e9 sans le savoir la fuite de la famille royale.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Ayant accumul\u00e9 retard sur retard, la berline royale subit un autre alea\u00a0: une roue est englu\u00e9e dans de la boue, chose qui contraint le convoi \u00e0 s\u2019arr\u00eater \u00e0 nouveau. La pr\u00e9sence d\u2019un second homme aurait s\u00fbrement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la r\u00e9paration mais, pour l\u2019heure, le roi est le seul \u00e0 pouvoir accomplir la besogne, ce qui prend un temps consid\u00e9rable. Si la chance sourit au couple lorsqu\u2019un garde ayant s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 Versailles les reconna\u00eet sans pr\u00e9venir les autorit\u00e9s, le voyage se termine \u00e0 Varennes-en-Argonne, durant la nuit du 21 au 22 juin 1791. D\u00e8s l\u2019aube, la famille royale est ramen\u00e9e \u00e0 Paris. L\u00e0-bas, une p\u00e9tition r\u00e9clame d\u00e9j\u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une r\u00e9publique.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">De retour aux Tuileries, Marie-Antoinette \u00e9crit \u00e0 son fr\u00e8re devenu l\u2019Empereur L\u00e9opold II l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Elle lui confie la volont\u00e9 de l\u2019Assembl\u00e9e constituante de transformer la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle. Le souverain est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 au courant de la tentative d\u2019\u00e9vasion qui a fait grand bruit en Europe. Physiocrate, philosophe et anim\u00e9 par un progressisme avant-gardiste &#8211; il \u0153uvrera notamment pour l\u2019abolition de la peine de mort &#8211; L\u00e9opold II verra d\u2019un \u0153il positif la refonte du pouvoir. Ne soutenant pas sa s\u0153ur au profit des r\u00e9volutionnaires, il ne lui sera d\u2019aucun secours. La reine peut cependant compter sur le soutien ind\u00e9fectible d\u2019Axel de Fersen qui, de son c\u00f4t\u00e9, se bat pour convaincre les pays limitrophes d\u2019intervenir en faveur du couple royal. Les lettres se multiplient, utilisant un syst\u00e8me de codage de plus en plus sophistiqu\u00e9 afin de les rendre ind\u00e9chiffrables. Pour ne pas prendre de risques inutiles, Axel de Fersen envoie \u00e0 sa ma\u00eetresse des bo\u00eetes \u00e0 biscuits \u00e0 double fond. Les amants, sous le coup de l\u2019\u00e9loignement et de la tension de la situation, se livrent \u00e0 des d\u00e9clarations enflamm\u00e9es tout en \u00e9laborant de multiples strat\u00e9gies. Faire mine d\u2019accepter la monarchie constitutionnelle en est la premi\u00e8re, aussi Louis XVI donne son accord le 30 septembre. L\u2019Assembl\u00e9e constituante dispara\u00eet donc au profit de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019hiver 1792 est marqu\u00e9 par la volont\u00e9 d\u2019Axel de Fersen de rendre visite \u00e0 sa ma\u00eetresse, laquelle ne cesse de refuser en raison des risques encourus. Non seulement le palais est gard\u00e9 mais Louis XVI est tout pr\u00e8s. Elle finira par c\u00e9der et le comte su\u00e9dois entre clandestinement aux Tuileries avec la volont\u00e9 de convaincre son amante de s\u2019\u00e9vader. Ils passeront une nuit ensemble ainsi qu\u2019une journ\u00e9e. Lorsque Axel de Fersen explique \u00e0 son amante son d\u00e9sir de l\u2019emmener avec lui, celle-ci refuse. Une dispute violente \u00e9clate puisqu\u2019intrins\u00e8quement Marie-Antoinette privil\u00e9gie, en apparence du moins, sa famille \u00e0 son amant, la raison au d\u00e9triment de la passion. Louis XVI s\u2019en m\u00eale, chassant Axel de Fersen au terme d\u2019une longue discussion. \u00c0 partir de janvier 1792, le comte n\u2019appellera plus Marie-Antoinette \u00ab\u00a0Jos\u00e9phine\u00a0\u00bb dans son journal mais \u00ab\u00a0Reine de France\u00a0\u00bb, t\u00e9moignant de son ressentiment envers la femme qu\u2019il aime pourtant depuis bient\u00f4t vingt ans.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Marie-Antoinette, au vu du confort relatif que l\u2019acceptation de la constitution lui a apport\u00e9, n\u2019a pas jug\u00e9 bon de s\u2019\u00e9vader. Elle vit dans un luxe relatif, une grande pi\u00e8ce avec serviteurs et garde-robe aupr\u00e8s de ses enfants qui re\u00e7oivent une instruction des plus soign\u00e9es. \u00c0 tort, la reine s\u2019imagine un retour au calme prochain, envisageant m\u00eame un possible retour \u00e0 la monarchie absolue. Apr\u00e8s une prise de distance momentan\u00e9e, la correspondance entre Marie-Antoinette et son amant reprend au printemps.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Au m\u00eame moment, la France d\u00e9clare la guerre \u00e0 l\u2019Autriche, rendant la reine encore plus impopulaire qu\u2019elle ne l\u2019est. Les surnoms moqueurs et les insultes fusent jusqu\u2019aux fen\u00eatres des Tuileries. Le peuple d\u00e9verse sa haine sur Marie-Antoinette, laquelle craint de plus en plus pour sa s\u00e9curit\u00e9. En r\u00e9action \u00e0 cela, Axel de Fersen entreprend d\u2019\u00e9crire un manifeste avec le concours du duc de Brunswick, chef de l\u2019arm\u00e9e prussienne. Face aux menaces qui planent sur la reine, la missive se veut dissuasive, rendant\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\"> \u00ab\u00a0personnellement responsable de tous les \u00e9v\u00e9nements, sur leurs t\u00eates, pour \u00eatre jug\u00e9s militairement, sans espoir de pardon, tous les membres de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, du d\u00e9partement, du district, de la municipalit\u00e9, et de la garde-nationale de Paris, juges de paix, et tous autres qu\u2019il appartiendra, d\u00e9clarant en outre leurs dites majest\u00e9s, sur leur foi et parole d\u2019empereur et de roi, que si le ch\u00e2teau des Tuileries est forc\u00e9 ou insult\u00e9, que s\u2019il est fait la moindre violence, le moindre outrage au roi et la reine, et \u00e0 la famille royale\u00a0; s\u2019il n\u2019est pas pourvu imm\u00e9diatement \u00e0 leur s\u00fbret\u00e9, \u00e0 leur conservation et \u00e0 leur libert\u00e9, elles en tireront une vengeance exemplaire et \u00e0 jamais m\u00e9morable, en livrant la ville de Paris \u00e0 une ex\u00e9cution militaire et \u00e0 une subversion totale, et les r\u00e9volt\u00e9s, coupables d\u2019attentats, au supplice qu\u2019ils auront m\u00e9rit\u00e9 \u00bb.\u00a0<\/span><\/i><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Si la volont\u00e9 est louable, la virulence des propos \u00e0 l&rsquo;effet inverse de celui escompt\u00e9. Le 10 ao\u00fbt 1792, la violence du peuple atteint un point de non-retour.\u00a0 Une partie des Tuileries est assi\u00e9g\u00e9e\u00a0: on veut la t\u00eate de \u00ab\u00a0l\u2019autrichienne\u00a0\u00bb. La famille royale se r\u00e9fugie d\u2019abord \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e avant d\u2019\u00eatre fallacieusement enferm\u00e9e \u00e0 la prison du Temple. En guise d\u2019accueil, Marie-Antoinette d\u00e9couvrira la t\u00eate de son amie et ancienne favorite, Madame de Lamballe, sur une pique, tapant \u00e0 sa fen\u00eatre. Le peuple veut que la reine l\u2019embrasse mais finit par la broyer \u00e0 force de coups. De nombreux massacres ont lieu la m\u00eame journ\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce que soit proclam\u00e9 la fin de la monarchie au profit de la r\u00e9publique. Le sort de la famille royale est d\u00e9sormais scell\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s un proc\u00e8s de mascarade, Louis XIV est condamn\u00e9 \u00e0 mort. Jusqu\u2019alors isol\u00e9 avec le dauphin, l\u2019enfant lui est retir\u00e9 et le roi se retrouve seul \u00e0 attendre le terrible sort qui lui est r\u00e9serv\u00e9. Il est ex\u00e9cut\u00e9 le 21 janvier 1793. L\u2019annonce de la mort de son mari plonge Marie-Antoinette dans une affliction sans pr\u00e9c\u00e9dent. Enferm\u00e9e aupr\u00e8s de ses enfants et de sa belle-s\u0153ur, elle ne peut plus communiquer avec Axel de Fersen, lequel tente de lever les troupes \u00e9trang\u00e8res pour la sauver. Le 13 juillet, Marie-Antoinette est emmen\u00e9e seule \u00e0 la Conciergerie. Le dauphin, alors \u00e2g\u00e9 de huit ans, se voit confi\u00e9 au gardien du Temple dans le but de redevenir un \u00ab\u00a0enfant normal\u00a0\u00bb. Il doit \u00eatre trait\u00e9 avec fermet\u00e9 sans b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019instruction tout en effectuant des t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res. Par chance, l\u2019\u00e9pouse du gardien le prend en affection et entreprend de le prot\u00e9ger.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 la Conciergerie, Marie-Antoinette est d\u00e9tenue dans une ge\u00f4le insalubre. Comme sa cellule se situe en sous-sol et qu\u2019elle dispose d\u2019une mince ouverture vers l\u2019ext\u00e9rieur, la reine peut \u00e9changer quelques billets avec son amant mais sa sant\u00e9 se d\u00e9grade rapidement. Prise de saignements vaginaux qui lui conf\u00e8rent de grosses douleurs ut\u00e9rines, il est d\u00e9sormais \u00e9tabli qu\u2019elle souffrait d\u2019un cancer de l\u2019ut\u00e9rus et qu\u2019elle n\u2019aurait probablement pas vu le nouvel an 1794. Son proc\u00e8s est pr\u00e9vu pour l\u2019automne. Affaiblie et isol\u00e9e, encore endeuill\u00e9e par la perte de son mari, Marie-Antoinette peine \u00e0 trouver la force d\u2019esp\u00e9rer. Sa correspondance clandestine avec son amant prend une tournure plus grave. Axel de Fersen compte encore la sauver en faisant intervenir l\u2019arm\u00e9e, Marie-Antoinette feint d\u2019y croire bien qu\u2019elle sache intimement qu\u2019une issue funeste l\u2019attend.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Un nouveau proc\u00e8s de mascarade se tient le 14 octobre 1793. La reine s\u2019y pr\u00e9sente malingre, peinant \u00e0 tenir sur ses jambes. En d\u00e9pit de sa maladie, on lui refusera un tabouret et c\u2019est donc debout face aux jur\u00e9s qu\u2019elle demeurera durant deux jours. On lui reprochera de s\u2019\u00eatre montr\u00e9e incestueuse avec le dauphin, un document sign\u00e9 par l\u2019enfant passera de mains en mains, provoquant le courroux du jury et les pleurs de l\u2019accus\u00e9e. Par ailleurs, Marie-Antoinette sera point\u00e9e du doigt sur ses suppos\u00e9s m\u0153urs homosexuelles, cens\u00e9es illustrer sa perversit\u00e9. Sans surprise, la reine est condamn\u00e9e \u00e0 mort le 16 octobre 1793 dans la nuit. Son ex\u00e9cution a lieu le lendemain, dans une pr\u00e9cipitation jusqu\u2019alors in\u00e9dite. D\u00e9chue et \u00e9puis\u00e9e par les ardeurs du proc\u00e8s, Marie-Antoinette \u00e9crira une seule lettre, \u00e0 destination de sa belle-s\u0153ur \u00e0 qui elle confie ses enfants. Elle n&rsquo;aura pas le temps de faire ses adieux \u00e0 Axel de Fersen, sans doute lui aurait-elle d\u00e9clar\u00e9 comme par le pass\u00e9\u00a0:\u00a0<\/span><\/p><p><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Je vais finir non pas sans vous dire mon cher et bien tendre ami, que je vous aime \u00e0 la folie et que jamais, jamais je ne peux \u00eatre un moment sans vous adorer.\u00a0\u00bb<\/span><\/i><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Durant le trajet la conduisant de la Conciergerie \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud, Marie-Antoinette subira les pires affronts de la part de son peuple, des insultes aux jets d\u2019objets, en passant par les crachats et les coups de b\u00e2ton. Avec une dignit\u00e9 incommensurable, elle ne laissera rien para\u00eetre, ni sa peine ni sa peur. Jusqu\u2019\u00e0 la fin, elle a \u00e9t\u00e9 reine et ce, dans la plus noble acception du terme, offrant \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 un portrait exemplaire de ce qu\u2019\u00e9tait l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Une part d\u2019Axel de Fersen est morte avec Marie-Antoinette ce matin d\u2019octobre 1793. Tout le restant de sa vie, il regrettera d\u2019avoir ob\u00e9i aux ordres du roi, au relais de Bondy. Convaincu qu\u2019en sa pr\u00e9sence, l\u2019\u00e9vasion aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ussie, le comte su\u00e9dois deviendra la personnification de la m\u00e9lancolie. Ses mots dans son journal en t\u00e9moignent\u00a0: \u00a0<\/span><\/p><p><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u00a0Oh\u00a0! Combien je me reproche mes torts envers elle et combien je sais \u00e0 pr\u00e9sent que je l\u2019aimais. Quelle douceur, quelle tendresse, quelle bont\u00e9, quels soins, quel c\u0153ur aimant, sensible et d\u00e9licat \u2026 \u00a0\u00bb<\/span><\/i><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Il passera le restant de sa vie \u00e0 collectionner les objets qui appartenaient \u00e0 sa ma\u00eetresse. Rachetant commodes et effets personnels vendus clandestinement, il fera de son ch\u00e2teau un mausol\u00e9e. Jusqu\u2019\u00e0 sa mort, Axel de Fersen conservera dans ses poches les lettres les plus enflamm\u00e9es de sa \u00ab\u00a0Jos\u00e9phine.\u00a0\u00bb Comme un dernier hommage \u00e0 sa dulcin\u00e9e, la fatalit\u00e9 a voulu qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 le 20 juin 1810 soit dix-neuf ans jour pour jour apr\u00e8s la fuite \u00e0 Varennes.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Reine embl\u00e9matique de l\u2019Ancien R\u00e9gime, Marie-Antoinette a marqu\u00e9 l\u2019histoire de France par sa diff\u00e9rence et la force de ses passions. Ne s\u2019oubliant pas au profit de son titre, elle a \u00e9t\u00e9 une femme profond\u00e9ment moderne avant l\u2019heure. Tant\u00f4t \u00e9pouse engag\u00e9e tant\u00f4t amante passionn\u00e9e, Marie-Antoinette a jou\u00e9 tous les r\u00f4les comme autrefois dans son th\u00e9\u00e2tre de Trianon.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">De par la vie libre qu\u2019elle a men\u00e9e, la derni\u00e8re reine de France a su s\u2019\u00e9manciper de cette \u00e9tiquette qu\u2019elle d\u00e9testait tant. R\u00e9inventant le r\u00f4le d\u2019apparat jusqu\u2019alors r\u00e9serv\u00e9 aux reines, elle a su marquer de son empreinte le r\u00e8gne de son mari au point de le supplanter dans la post\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">@M\u00e9lanie Gaudry <\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si Marie-Th\u00e9r\u00e8se d&rsquo;Autriche et Marie Leszczynska ont \u00e9t\u00e9 des reines discr\u00e8tes, \u00e9vinc\u00e9es de la post\u00e9rit\u00e9 par le charisme des ill\u00e9gitimes, Marie-Antoinette d\u2019Autriche (1755-1793) a su marquer de son empreinte l\u2019histoire de France. 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