{"id":543,"date":"2024-04-29T11:51:36","date_gmt":"2024-04-29T09:51:36","guid":{"rendered":"https:\/\/lesgrandesdames.fr\/?p=543"},"modified":"2024-04-30T13:47:12","modified_gmt":"2024-04-30T11:47:12","slug":"jeanne-du-barry-splendeurs-et-miseres-de-la-derniere-favorite-royale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lesgrandesdames.fr\/index.php\/2024\/04\/29\/jeanne-du-barry-splendeurs-et-miseres-de-la-derniere-favorite-royale\/","title":{"rendered":"Jeanne du Barry : splendeurs et mis\u00e8res de la derni\u00e8re favorite royale"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"543\" class=\"elementor elementor-543\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-923636d e-flex e-con-boxed wpr-particle-no wpr-jarallax-no wpr-parallax-no wpr-sticky-section-no e-con e-parent\" data-id=\"923636d\" data-element_type=\"container\" data-core-v316-plus=\"true\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-a9bfba3 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"a9bfba3\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.20.0 - 26-03-2024 *\/\n.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-stacked .elementor-drop-cap{background-color:#69727d;color:#fff}.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-framed .elementor-drop-cap{color:#69727d;border:3px solid;background-color:transparent}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap{margin-top:8px}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap-letter{width:1em;height:1em}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap{float:left;text-align:center;line-height:1;font-size:50px}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap-letter{display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t<p dir=\"ltr\">Certaines favorites, en se hissant jusqu&rsquo;\u00e0 la place la plus envi\u00e9e de la Cour, y apportent un vent nouveau, un enthousiasme unique et ce, en d\u00e9pit de l&rsquo;hostilit\u00e9 des critiques. Jeanne du Barry (1743-1793), ma\u00eetresse de Louis XV lors de la derni\u00e8re partie de son r\u00e8gne, compta parmi elles.<\/p><p>Premi\u00e8re locataire du Petit Trianon, m\u00e9c\u00e8ne hors pair, conseill\u00e8re politique, elle a su se faire une place de choix au sein d&rsquo;un Versailles hostile tout en imposant sa personnalit\u00e9 atypique. Pourtant, rien ne pr\u00e9destinait Jeanne B\u00e9cu, fille de joie des salons parisiens \u00e0 devenir la Comtesse du Barry, derni\u00e8re favorite de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime.<\/p><h5 dir=\"ltr\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Jeanne, Mademoiselle Lange<\/span><\/strong><\/h5><p>Fruit des amours interdits entre Anne B\u00e9cu de Cantigny, une ling\u00e8re et un moine, la petite Jeanne naquit en 1743 \u00e0 Vaucouleurs en Lorraine. Surnomm\u00e9e l&rsquo;ange en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son p\u00e8re, Fr\u00e8re Ange, mais aussi en rapport \u00e0 sa beaut\u00e9 ang\u00e9lique, elle connut une enfance pr\u00e9caire.<\/p><p>Lorsque sa m\u00e8re se maria avec Nicolas Ran\u00e7on,\u00a0 un domestique parisien, les portes de l&rsquo;\u00e9ducation s&rsquo;ouvrirent enfin puisqu&rsquo;elle fut plac\u00e9e en pension chez les Dames de Saint-Aure qui ob\u00e9issaient aux r\u00e8gles de Saint Augustin. La fillette avait alors huit ans. Son p\u00e8re, devenu pr\u00eatre \u00e0 l&rsquo;Eglise Saint Eustache, veilla personnellement \u00e0 son \u00e9ducation. La petite fille se r\u00e9v\u00e9la une \u00e9l\u00e8ve assidue, dou\u00e9e pour les arts et les lettres, fort consciencieuse et en avance sur son \u00e2ge.<\/p><p>A quinze ans, arriv\u00e9e au terme de son instruction, Jeanne quitta les Dames de Saint-Aure. Sa m\u00e8re la pla\u00e7a comme dame de compagnie chez Madame Delay de la Garde. Jeanne y apprit les codes de la vie mondaine dont elle ignorait tout. Sa ma\u00eetresse appr\u00e9ciait la compagnie de l&rsquo;adolescente et peu \u00e0 peu lui confia de plus en plus de t\u00e2ches, notamment le choix de tissus pour ses robes. Jeanne, quoiqu&rsquo;issue du bas peuple, se sentit parfaitement \u00e0 son aise dans le milieu aristocratique. Malheureusement, sa beaut\u00e9 et ses qualit\u00e9s relationnelles attis\u00e8rent la jalousie des autres domestiques. La rumeur d&rsquo;une suppos\u00e9e liaison avec les fr\u00e8res de Madame Delay de la Garde engendra son renvoi imm\u00e9diat.<\/p><p>La jeune fille se retrouva alors \u00e0 la rue, en proie \u00e0 tous les dangers des bas-fonds du Paris de 1758, notamment le prox\u00e9n\u00e9tisme.<br \/>Le destin voulu que les portes de la galanterie ne s&rsquo;ouvrent \u00e0 elle que plus tard.<\/p><p>Pour l&rsquo;heure, la jeune fille s&rsquo;\u00e9prend de Lametz, un coiffeur qui lui apprenait le m\u00e9tier et subvenait \u00e0 ses besoins. Plus tard, \u00e0 la Cour, le soin de mettre en valeur sa chevelure contribua \u00e0 son av\u00e8nement et ent\u00e9rina sa l\u00e9gende. En d\u00e9pit de ses talents de coiffeuse qui ameutaient le Tout-Paris de l&rsquo;\u00e9poque, Jeanne ne p\u00fbt emp\u00eacher son amant d\u00e9pensier de conna\u00eetre une ruine pr\u00e9visible. Bient\u00f4t les parents de ce dernier l&rsquo;accus\u00e8rent de dilapider les \u00e9cus du commer\u00e7ant et la chass\u00e8rent sans m\u00e9nagement.<\/p><p>Gr\u00e2ce au soutien de ses clientes, Jeanne parvint rapidement \u00e0 trouver une place de vendeuse au sein du magasin luxueux \u00a0\u00bb La Toilette.\u00a0\u00bb Elle y devint Mademoiselle Lange en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son p\u00e8re comme autrefois \u00e0 Vaucouleurs. La jeune fille prenait plaisir \u00e0 manipuler les articles de haute confection r\u00e9serv\u00e9s aux courtisanes et clientes issues de la noblesse. C&rsquo;est durant cette p\u00e9riode qu&rsquo;elle d\u00e9veloppa son go\u00fbt pour les belles toilettes qui vint parachever son apprentissage du luxe. Le go\u00fbt des mondanit\u00e9s acquit au service de Madame Delay de la Garde, celui de la coiffure aupr\u00e8s de Lametz et d\u00e9sormais l&rsquo;art de se parer s&rsquo;av\u00e9r\u00e8rent autant d&rsquo;atouts qui contribu\u00e8rent \u00e0 son ascension future.<\/p><p>Si le cadre \u00e9tait particuli\u00e8rement plaisant pour une adolescente coquette et friande de belles de pi\u00e8ces, il \u00e9tait pourtant de notori\u00e9t\u00e9 publique que les employ\u00e9es de \u00ab\u00a0La Toilette\u00a0\u00bb arrondissaient leurs fins de mois au sein de maisons de galanterie. Les vendeuses \u00e9taient m\u00eame choisies pour leur physique par la patronne que l&rsquo;on pourrait qualifier \u00e0 raison de Madame Claude tant son magasin \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 dans le demi-monde pour proposer un large \u00e9ventail de filles de joie.<\/p><p>Jeanne avait presque vingt ans quand elle se laissa \u00e9blouir par l&rsquo;argent facile, la belle vie que ses petites s\u0153urs de charit\u00e9 pr\u00e9tendaient mener. D&rsquo;abord r\u00e9ticente, elle sombra alors dans la prostitution dont le XVIII -\u00e8me si\u00e8cle se fait le sinistre \u00e2ge d&rsquo;or. \u00c0 Paris se divisaient alors prostitu\u00e9es de bas niveaux, rel\u00e9gu\u00e9es aux trottoirs du Ch\u00e2telet ; pensionnaires de maisons closes travaillant \u00e0 la cha\u00eene et tenanci\u00e8res de salons galants ; comme une hi\u00e9rarchie d&rsquo;un nouvel ordre de la mis\u00e8re humaine. Bient\u00f4t, d&rsquo;orgies en pratiques candaulistes, la beaut\u00e9 de Jeanne lui conf\u00e9ra un grand succ\u00e8s au sein des bordels parisiens. Si bien qu&rsquo;elle se vit promue, sous la protection du Comte Jean-Baptiste du Barry \u00e0 la vie de fille publique de salons galants.<\/p><p>Le Comte du Barry \u00e9tait un dandy sur le d\u00e9clin, port\u00e9 sur l&rsquo;eau de vie et dont la r\u00e9putation est chancelante parmi ses pairs. Sans le sou et cribl\u00e9 de dettes, le commerce des femmes se r\u00e9v\u00e9la son principal gagne-pain outre ses multiples escroqueries. Aussi brandit-il sa particule et son titre de comte pour mettre en confiance des jeunes femmes aussi na\u00efves que d\u00e9sargent\u00e9es, leur promettant mariage et opulence en \u00e9change de quelques moments pass\u00e9s aupr\u00e8s de ses \u00ab\u00a0amis.\u00a0\u00bb<\/p><p>Le Comte du Barry incarnait tous les vices d&rsquo;une aristocratie vieillissante, d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;oisivet\u00e9 et la consanguinit\u00e9, qui partageait son temps entre malversation et plaisirs \u00e9ph\u00e9m\u00e8res aux allures de vices.<br \/>Les femmes issues du bas peuple id\u00e9alisaient cette noblesse synonyme d&rsquo;argent et de puissance, leur d\u00e9sir de quitter leurs conditions pr\u00e9caires faisait le reste. Jeanne ne d\u00e9rogea pas \u00e0 la r\u00e8gle. Sa rencontre avec le comte lui fit esp\u00e9rer une ascension sociale rapide, d&rsquo;autant plus que son protecteur l&#8217;emmenait \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra et au th\u00e9\u00e2tre, lui faisant miroiter une vie de mondanit\u00e9s et de volupt\u00e9s.<\/p><p>De son c\u00f4t\u00e9, Du Barry, subjugu\u00e9 par le profit que la beaut\u00e9 de la jeune femme pouvait lui apporter, ne jurait plus que par elle.<br \/>D\u00e9laissant ses autres proies, il entreprit d&rsquo;introduire Jeanne aupr\u00e8s des grands du royaume. Pour se faire, le Comte du Barry d\u00e9cida de parader, la jeune femme \u00e0 son bras lors d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements o\u00f9 se m\u00ealaient courtisans et nobles \u00e9minents. Sa strat\u00e9gie fonctionna \u00e0 merveille puisque les clients les plus r\u00e9put\u00e9s se press\u00e8rent \u00e0 sa porte pour obtenir les faveurs de la sublime jeune femme. Le duc de Richelieu, le duc d&rsquo;Aiguillon et le comte Moncrif compt\u00e8rent parmi les plus r\u00e9guliers, ce qui joua plus tard un r\u00f4le dans la disgr\u00e2ce du principal ministre d&rsquo;\u00e9tat, le duc de Choiseul.<\/p><p>Durant cette p\u00e9riode, Jeanne, \u00e9puis\u00e9e par le rythme impos\u00e9 par Du Barry et par la crainte de contracter une maladie v\u00e9n\u00e9rienne, s&rsquo;enfuit pour rejoindre sa famille. Retrouvant sa modeste condition et subissant les reproches maternels, la jeune femme finit par se raviser.<br \/>Pour \u00eatre certain de conserver son pr\u00e9cieux gagne-pain, son protecteur donna la charge de receveur des gabelles \u00e0 Fresnay-sur-Sarthe \u00e0 son beau-p\u00e8re puis la logea avec sa m\u00e8re dans sa maison de la rue de la Jussienne. L&#8217;emprise \u00e9tait d\u00e9sormais scell\u00e9e.<\/p><h5><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Ombres et lumi\u00e8res sur Versailles\u00a0<\/strong><\/span><\/h5><p>En 1768, l&rsquo;influence du Duc de Choiseul, premier ministre de Louis XV \u00e9tait chancelante. La mort de sa protectrice, la favorite Madame de Pompadour, le contraignit \u00e0 user d&rsquo;habilet\u00e9 pour conserver la faveur royale. Ministre de la modernit\u00e9, Choiseul ne faisait pas l&rsquo;unanimit\u00e9 aupr\u00e8s des conservateurs mais le roi appr\u00e9ciait sa volont\u00e9 de renforcer l&rsquo;\u00e9tat au profit de l&rsquo;Eglise. La suppression de l&rsquo;ordre de J\u00e9sus en 1764 lui valut l&rsquo;inimiti\u00e9 des d\u00e9vots, ce qui provoqua de vives tensions au sein de la Cour.<\/p><p>Le comte du Barry et ses camarades imagin\u00e8rent alors un stratag\u00e8me ing\u00e9nieux pour \u00e9vincer d\u00e9finitivement le Duc de Choiseul et ainsi favoriser l&rsquo;acc\u00e8s du Duc de Richelieu, alors premier gentilhomme de la Chambre du roi et gouverneur de Guyenne, au Conseil d&rsquo;\u00c9tat. Jeanne fut introduite aupr\u00e8s de Louis XV afin qu&rsquo;elle devienne sa ma\u00eetresse et influence son jugement sur l&rsquo;homme \u00e0 abattre. S&rsquo;ils parvenaient \u00e0 leurs fins, la promotion du duc de Richelieu serait synonyme, d&rsquo;une escalade d&rsquo;\u00e9gards royaux.<\/p><p>Sous la pression du comte du Barry, Jeanne fit son entr\u00e9e \u00e0 Versailles aupr\u00e8s de sa m\u00e8re Anne Ran\u00e7on de Cantigny. Si les d\u00e9buts ne furent pas probants &#8211; le Roi ne remarqua pas sa pr\u00e9sence &#8211; il lui fallut attendre la mort de la reine Marie Leczinska pour que le rapprochement s&rsquo;op\u00e8re. En effet, Louis XV se retira dans son ch\u00e2teau de Compi\u00e8gne durant son temps de deuil o\u00f9 la jeune femme \u00e9tait finalement convi\u00e9e. Gr\u00e2ce au valet Lebel qui fit office d&rsquo;entremetteur, le comte du Barry parvint \u00e0 imposer sa prot\u00e9g\u00e9e dans le lit du roi. Celui-ci est imm\u00e9diatement s\u00e9duit par la spontan\u00e9it\u00e9 et le savoir-faire de l&rsquo;ancienne galante.<\/p><p>\u00c0 Compi\u00e8gne, alors qu&rsquo;il \u00e9tait cens\u00e9 porter le deuil de son \u00e9pouse, Louis XV vit une seconde jeunesse, si bien que les amants ne se quittent plus. \u00c0 soixante ans pass\u00e9, il d\u00e9couvrit aupr\u00e8s de sa ma\u00eetresse, de plus de trente ans sa cadette, l&rsquo;amour charnel en mati\u00e8re duquel il \u00e9tait encore novice. Et pour cause, la Reine Marie Leczinska n&rsquo;a plus voulu entretenir de relations sexuelles apr\u00e8s la naissance de ses enfants, quant \u00e0 sa ma\u00eetresse Madame de Pompadour, elle \u00e9tait connue pour \u00eatre frigide. Les quelques exp\u00e9riences du Roi se limitaient aux ribaudes vierges choisies par son ancienne favorite et quelques bagatelles de jeunesse l&rsquo;ann\u00e9e de son mariage. C&rsquo;est donc sans surprise que Louis XV fut impressionn\u00e9 par les qualit\u00e9s de cette jeune ing\u00e9nue dont l&rsquo;amour \u00e9tait le m\u00e9tier.<\/p><p>Lors de son retour \u00e0 Versailles, le roi d\u00e9cida de faire de Jeanne sa favorite en titre. Le protocole impose que la candidate soit issue de la noblesse pour pouvoir occuper cette fonction. Le comte du Barry \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9, il est alors convenu d&rsquo;un mariage blanc avec le fr\u00e8re de ce dernier.<br \/>Jeanne \u00e9pousa alors \u00e0 la va-vite Guillaume du Barry \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint Eustache. Le mariage est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par son p\u00e8re le 1er septembre 1768, lequel est rompu l&rsquo;ann\u00e9e qui suit.<\/p><p>L&rsquo;hiver pr\u00e9c\u00e9dant son installation \u00e0 la Cour fut particuli\u00e8rement difficile pour Jeanne.<br \/>Pamphlets et dessins obsc\u00e8nes fleurissaient depuis que la relation entre la jeune femme et le roi est officielle. Parisiens et courtisans se moquaient de cette inconnue que le souverain \u00e9rigeait au premier plan. Le pass\u00e9 galant de Jeanne est exhum\u00e9, faisant d&rsquo;elle l&rsquo;objet des railleries les plus crues. La Cour \u00e9tait si hostile que Louis XV d\u00e9cida d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la pr\u00e9sentation officielle afin de calmer les ardeurs de ses gens. Trouver un chaperon \u00e9tait un d\u00e9fi ardu pour le roi, aussi son choix se porta sur la tr\u00e8s endett\u00e9e Comtesse du B\u00e9arn qui n&rsquo;avait pas les moyens de refuser la t\u00e2che, d&rsquo;autant plus quand elle s&rsquo;accompagnait de la suppression de ses dettes et de la protection de ses fils.<\/p><p>La pr\u00e9sentation e\u00fbt lieu le 23 avril 1768 devant une Cour d\u00e9daigneuse de voir port\u00e9e aux nues une roturi\u00e8re \u00e0 la r\u00e9putation sulfureuse. <br \/>Le roi vit aupr\u00e8s de Jeanne un amour de jeunesse. La jeune femme est install\u00e9e dans des appartements r\u00e9nov\u00e9s ironiquement par le fr\u00e8re de sa pr\u00e9d\u00e9cesseure Madame de Pompadour. Situ\u00e9s sous la chambre de Louis XV, les portes \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9es permettaient au souverain de passer le plus clair de son temps aupr\u00e8s de sa nouvelle favorite.<\/p><p>R\u00e9guli\u00e8rement, les conseils des ministres se tenaient chez Jeanne tant le roi peine \u00e0 la quitter. Le duc de Choiseul, soup\u00e7onnant le complot dont il \u00e9tait l&rsquo;objet, voit d&rsquo;un mauvais \u0153il cette ancienne prostitu\u00e9e qui a eu comme clients la plupart des courtisans. S&rsquo;il tenta de mettre en garde son souverain, le ministre n&rsquo;obtint que son inimiti\u00e9.<\/p><p>La Cour, quant \u00e0 elle, ne parvint pas \u00e0 accepter la pr\u00e9sence de Jeanne, cette magnifique jeune femme du peuple dont on racontait la carri\u00e8re de demi-mondaine. Les hommes craignaient que leurs incartades soient r\u00e9v\u00e9l\u00e9es, d\u00e9t\u00e9riorant ainsi leur r\u00e9putation.<br \/>Gangren\u00e9es par la jalousie, les femmes ne pouvaient accepter qu&rsquo;une fille publique, aussi belle soit-elle, leur ravissent, par son seul charme, la premi\u00e8re place. Seul le Dauphin, Louis-Auguste, futur Louis XVI, se montra conciliant. Jeanne s&rsquo;enferma alors dans la solitude, alternant les promenades avec sa chienne dans les jardins de Versailles et les moments intimes avec son amant.<\/p><p>En 1769, le roi lui offrit pour la distraire, un petit page de couleur, Zamor.<br \/>Esclave captur\u00e9 par les britanniques, l&rsquo;enfant n&rsquo;avait que sept ans quand il fut recueilli par Jeanne, laquelle se fit un devoir de veiller \u00e0 son \u00e9ducation comme une m\u00e8re. Ironiquement, ce sera Zamor qui causera sa perte pendant la r\u00e9volution, l&rsquo;accusant de l&rsquo;avoir exploit\u00e9 \u00e0 la Cour.<\/p><p>L&rsquo;arriv\u00e9e de Zamor se r\u00e9v\u00e8la un formidable porte-bonheur pour la jeune femme. Le soin qu&rsquo;elle portait \u00e0 ses coiffures, h\u00e9rit\u00e9 de sa vie aupr\u00e8s de Lametz, ainsi que son go\u00fbt pour choisir ses tenues, issu de son pass\u00e9 de vendeuse, lui conf\u00e9r\u00e8rent l&rsquo;admiration des courtisans. Le roi se montra fort g\u00e9n\u00e9reux envers sa ma\u00eetresse, la jeune femme parant de somptueuses parures et d&rsquo;un budget cons\u00e9quent pour ses toilettes. Le couple \u00e9tait plus que jamais uni. Louis XV, pourtant vieillissant, retrouva son insouciance de jeune homme. En d\u00e9pit de l&rsquo;arrangement originel, Jeanne tomba amoureuse de son amant, lui faisant des cadeaux avec la rente que celui-ci lui allouait. La jeune femme fut plus que jamais heureuse au sein de cette Cour dont elle avait d\u00e9sormais la faveur. Ses appartements qui se faisaient joyaux des Arts et des Lettres ne d\u00e9semplissaient pas. Comme autrefois chez Madame Delay de la Garde, elle s&rsquo;enivrait de mondanit\u00e9s et festivit\u00e9s, \u00e0 la diff\u00e9rence qu&rsquo;elle \u00e9tait d\u00e9sormais la reine de son monde. Pour couronner son r\u00e8gne, le roi lui offre le ch\u00e2teau de Louveciennes qu&rsquo;elle fit red\u00e9corer \u00e0 sa guise comme elle le fera plus tard avec le Petit Trianon.<\/p><p>Bient\u00f4t, le duc de Richelieu se montra pressent. Il souhaitait l&rsquo;\u00e9viction prochaine de son rival, le duc de Choiseul, pour lequel le roi nourrissait une pleine confiance. Du Barry savait que Louis XV n&rsquo;\u00e9vincerait pas son ministre pour des raisons politiques mais bien pour la passion qu&rsquo;il nourrissait pour sa favorite. Le duc de Choiseul, pourtant au sommet de sa gloire avec l&rsquo;alliance franco-autrichienne obtenue par la n\u00e9gociation du mariage du Dauphin avec la derni\u00e8re fille de Marie-Th\u00e9r\u00e8se D&rsquo;Autriche, ne fit pas le poids face \u00e0 Jeanne, talon d&rsquo;Achille en jupons du roi.<\/p><p>Il faut dire que le duc de Choiseul, autrefois prot\u00e9g\u00e9 de Madame de Pompadour, ne parvenait pas \u00e0 accepter que cette derni\u00e8re soit remplac\u00e9e par une ancienne prostitu\u00e9e. Le ministre vouait \u00e0 Jeanne une haine sans merci qui l&#8217;emmenait \u00e0 encourager la diffusion de pamphlets outrageants \u00e0 son encontre.<br \/>La Cour fut alors divis\u00e9e entre les courtisans les plus d\u00e9vots, toujours sous le coup de la dissolution de la Compagnie de J\u00e9sus, prenant parti pour la favorite et intrins\u00e8quement pour le duc de Richelieu ; et les pro-Choiseul, progressistes en faveur du Parlement hostile au nouveau couple royal.<\/p><p>Si Louis XV ne pouvait tol\u00e9rer l&rsquo;animosit\u00e9 de son principal ministre \u00e0 l&rsquo;encontre de sa ma\u00eetresse, ce fut la guerre des Malouines qui marqua la disgr\u00e2ce du duc de Choiseul.<br \/>En effet, lorsque la guerre \u00e9clata entre le roi d&rsquo;Espagne et le roi de Grande-Bretagne pour l&rsquo;obtention du territoire, le protocole voulait que Louis XV apporte son soutien aux Bourbons d&rsquo;Espagne. Le duc de Choiseul implora le roi d&rsquo;entrer en guerre pour soutenir l&rsquo;Espagne alors que ce dernier ne souhaitait pas se m\u00ealer au conflit, le ministre pla\u00e7ant au del\u00e0 de toute conviction politique la solidarit\u00e9 ancestrale entre Bourbons. \u00c9puis\u00e9 par les hardeurs de Choiseul, Louis XV profita de la crise des Malouines pour d\u00e9barrasser sa favorite de son ennemi intime. Le duc de Choiseul fut contraint par missive \u00e0 demander sa d\u00e9mission \u00e0 la veille de No\u00ebl 1770.<\/p><p>La rumeur de la disgr\u00e2ce du duc de Choiseul se r\u00e9pandit jusqu&rsquo;\u00e0 Vienne o\u00f9 la future Dauphine, Marie-Antoinette, s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 faire son entr\u00e9e \u00e0 la Cour de France. Le Ministre \u00e9tant \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;alliance cens\u00e9e symboliser l&rsquo;union des deux pays jusqu&rsquo;alors ennemis la reine, Marie-Th\u00e9r\u00e8se d&rsquo;Autriche, vit d&rsquo;un mauvais \u0153il le d\u00e9part de son interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9. De plus, le bruit courait que le roi se serait entich\u00e9 d&rsquo;une roturi\u00e8re au pass\u00e9 de fille de joie. D&rsquo;un naturel aust\u00e8re et par crainte de voir sa cadette pervertie, la souveraine mit en garde la jeune Marie-Antoinette, l&rsquo;implorant de se tenir \u00e9loign\u00e9e de cette femme aux m\u0153urs dissolues. Cette recommandation est probablement \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;inimiti\u00e9 de la Dauphine envers la favorite bien que la jalousie n&rsquo;en \u00e9tait pas totalement \u00e9trang\u00e8re.<\/p><p>En outre, la jeune Marie-Antoinette avait quatorze ans le 16 mai 1770 lors de son mariage avec Louis-Auguste, futur Louis XVI. Jeanne en avait vingt-sept. Elle \u00e9tait au z\u00e9nith de sa beaut\u00e9 et de sa gloire. L&rsquo;imitation \u00e9tant le plus haut degr\u00e9 de l&rsquo;admiration, l&rsquo;attrait qu&rsquo;aura plus tard la reine pour les coiffures extravagantes accr\u00e9dite cette hypoth\u00e8se.<br \/>En effet, lorsque la Dauphine fit son entr\u00e9e \u00e0 la Cour, les courtisans furent unanimes sur le go\u00fbt de Jeanne si bien que les dames de la noblesse s&rsquo;inspir\u00e8rent de ses toilettes. Le style du Barry \u00e9tait extravagant avec des coiffures alambiqu\u00e9es et des couleurs voyantes. La Dauphine d\u00e9plorait les excentricit\u00e9s de sa rivale alors que paradoxalement, une fois reine, elle en arbora de plus outranci\u00e8res au point d&rsquo;indigner la vox populi qui lui donnera l&rsquo;\u00e9gide de \u00a0\u00bb Madame d\u00e9ficit.\u00a0\u00bb<\/p><h5 dir=\"ltr\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Raisons et sentiments\u00a0<\/strong><\/span><\/h5><p>L&rsquo;arriv\u00e9e de Marie-Antoinette \u00e0 la Cour marqua un tournant dans le quotidien de Jeanne. La Dauphine refusait d&rsquo;adresser la parole \u00e0 la favorite, obligeant son mari \u00e0 prendre son parti. Face \u00e0 ses tumultes, le roi fut contraint de rappeler la jeune Marie-Antoinette \u00e0 l&rsquo;ordre par l&rsquo;interm\u00e9diaire de son pr\u00e9cepteur l&rsquo;abb\u00e9 de Vermond. Sans succ\u00e8s. Jeanne ne se replia pas sur elle-m\u00eame pour autant. La vie politique se d\u00e9roulant dans ses appartements, elle occupait encore et toujours le premier plan. L&rsquo;\u00e9ducation de Zamor lui prenait le reste de son temps. Le petit page \u00e9tonne la Cour par son instruction et sa vivacit\u00e9 d&rsquo;esprit.<br \/>N\u00e9anmoins, Jeanne entrevoyait le sort qui lui sera r\u00e9serv\u00e9 si Louis XV venait \u00e0 mourir. Non seulement elle serait chass\u00e9e de la Cour sans m\u00e9nagement mais aucune rente ne lui serait allou\u00e9e, ce qui lui rendrait difficile l&rsquo;entretien de son ch\u00e2teau de Louveciennes. Aussi fut-elle d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 profiter de chaque minute de sa vie \u00e0 Versailles.<\/p><p>Il lui fallut attendre l&rsquo;intervention de la reine Marie-Th\u00e9r\u00e8se pour que Marie-Antoinette se montre davantage conciliante. Apr\u00e8s plusieurs tentatives de rapprochements avort\u00e9es par des manigances de Cour, \u00e0 l&rsquo;occasion des v\u0153ux pour 1772, la Dauphine lui octroya quelques mots d\u00e9sormais entr\u00e9s dans la post\u00e9rit\u00e9 :\u00a0\u00a0\u00bb Il y a bien du monde \u00e0 Versailles aujourd&rsquo;hui.\u00a0\u00bb<\/p><p>La vie de Jeanne du Barry vacilla le 26 avril 1774 alors qu&rsquo;elle d\u00eenait avec son amant au ch\u00e2teau du Petit Trianon. Louis XV, \u00e9puis\u00e9 par une partie de chasse, se plaigna de violents maux de t\u00eate. Au cours de la nuit, la jeune femme fit appeler le m\u00e9decin personnel du roi, lequel, inquiet par l&rsquo;\u00e9tat du souverain ordonna son retour \u00e0 Versailles. La situation \u00e9tait critique. Le roi, d\u00e9j\u00e0 affaibli depuis quelques mois, souffrait le martyr et aucun calmant ne parvenait \u00e0 le soulager.<\/p><p>Jeanne, d\u00e9vast\u00e9e par la maladie de son amant, demeurait jour et nuit \u00e0 son chevet. Le diagnostic finit par tomber. Le roi \u00e9tait atteint de la variole. En d\u00e9pit de contagiosit\u00e9 du mal dont souffre le roi, Jeanne ne le quitta pas. Ce n&rsquo;est que le 3 mai 1774, lorsque Louis XV comprit qu&rsquo;il \u00e9tait condamn\u00e9 qu&rsquo;il demande \u00e0 sa ma\u00eetresse de se retirer \u00e0 Louveciennes. Le protocole exigeait que les favorites royales quittent Versailles avant le d\u00e9c\u00e8s du roi et Louis XV ne d\u00e9rogea pas \u00e0 la r\u00e8gle. Ses derniers jours furent consacr\u00e9s \u00e0 la d\u00e9votion aupr\u00e8s de l&rsquo;abb\u00e9 Maudoux, son confesseur. Le roi d\u00e9c\u00e9da le 10 mai 1774. Avant de mourir, dans un dernier sursaut d&rsquo;amour et d&rsquo;agonie, il demanda \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 qu&rsquo;on lui emm\u00e8ne Madame du Barry. Ce dernier lui r\u00e9pondit qu&rsquo;elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 partie \u2026<\/p><p>Jeanne apprit la mort de son amant au matin. Dans les jours qui suivent, Louis-Auguste devenu Louis XVI, probablement influenc\u00e9 par son \u00e9pouse, lui interdit de repara\u00eetre de la Cour et d\u2019assister aux obs\u00e8ques. Pis encore, elle n&rsquo;e\u00fbt plus le droit de p\u00e9n\u00e9trer dans le p\u00e9rim\u00e8tre de Versailles, chose qui condamna son acc\u00e8s \u00e0 Louveciennes. \u00c0 l&rsquo;humiliation succ\u00e9da l&rsquo;inf\u00e2mie : la jeune femme fut contrainte \u00e0 l&rsquo;exil au sein de l&rsquo;abbaye du Ponts-aux-Dames \u00e0 Meaux. C&rsquo;\u00e9tait le coup de gr\u00e2ce pour l&rsquo;ancienne favorite en titre.<\/p><h5 dir=\"ltr\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Le soleil se l\u00e8ve aussi<\/strong><\/span><\/h5><p>L\u00e0-bas, Jeanne fut plac\u00e9e sous l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;abbesse Gabrielle de la Roche-Fontenille. Si les visites lui \u00e9taient interdites, son courrier \u00e9tait \u00e9galement surveill\u00e9, lui rendant impossible toute communication avec l&rsquo;ext\u00e9rieur. L&rsquo;ancienne ma\u00eetresse royale, habitu\u00e9e au faste et au luxe, retrouvait l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 de sa formation chez les Dames de Saint-Aure. La protection de son p\u00e8re en moins. Au fil des mois, l&rsquo;abbesse se rendit tr\u00e8s vite compte des solides connaissances en th\u00e9ologie de sa nouvelle pensionnaire. \u00c9tonnement, la religieuse se prit de sympathie pour la jeune femme qui se r\u00e9v\u00e9lait s\u00e9rieuse et fort pieuse, lui autorisant m\u00eame quelques visites.<\/p><p>Ainsi lui arriva t-il de recevoir l&rsquo;\u00e9pouse de son ancien amant, le duc d&rsquo;Aiguillon mais aussi un courtisan qui autrefois la convoitait, le s\u00e9duisant duc de Brissac. Ce dernier, \u00e9pris depuis le premier jour, se chargea de lui rendre sa libert\u00e9 afin de lui prouver la sinc\u00e9rit\u00e9 de son inclination. Le duc de Brissac intervint donc aupr\u00e8s du nouveau Choiseul, le comte de Maurepas, qui d\u00e9sormais faisait la pluie et le beau temps aupr\u00e8s du roi. Sous l&rsquo;influence de son principal ministre et par respect pour l&rsquo;amour qu&rsquo;entretenait son grand-p\u00e8re pour son amante, Louis XVI consentit \u00e0 ce que Jeanne quitte l&rsquo;abbaye de Ponts-aux-dames. Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on aurait pu penser, cet interm\u00e8de \u00e0 Meaux lui permit de faire son deuil dans la foi et la qui\u00e9tude dont elle avait besoin pour reprendre sa vie en main.<\/p><p>Son amant d\u00e9c\u00e9d\u00e9, son ch\u00e2teau de Louveciennes sous scell\u00e9s, Jeanne du Barry avait trente et un an quand elle fit l&rsquo;acquisition de sa propri\u00e9t\u00e9 de Saint Vrain.<br \/>Elle y mena une vie de c\u00e9libataire des plus modernes, s&rsquo;enivrant de r\u00e9ceptions et de promenades dans son jardin. Une Cour masculine se pressait autour de la jeune femme dont la beaut\u00e9 ameutait les plus grands du royaume. Le duc de Brissac \u00e9tait \u00e9videmment de la partie. Plus que jamais d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 la s\u00e9duire, il se chargea de propagander aupr\u00e8s du roi afin qu&rsquo;elle obtienne la rente qui lui est due mais surtout qu&rsquo;elle puisse r\u00e9cup\u00e9rer le ch\u00e2teau de Louveciennes. C&rsquo;est chose faite en 1776 o\u00f9 Louis XVI accepta enfin de le lui restituer. S&rsquo;entama alors une romance des plus passionn\u00e9es avec son chevalier servant le duc de Brissac.<\/p><p>Nomm\u00e9 gouverneur de Paris \u00e0 la suite de son p\u00e8re, le duc de Brissac \u00e9tait un quinquag\u00e9naire charmant qui vouait un amour sinc\u00e8re \u00e0 la comtesse du Barry. Leur liaison s&rsquo;apparentait \u00e0 une amiti\u00e9 amoureuse, entrem\u00eal\u00e9e de confidences et de d\u00e9clarations enflamm\u00e9es. Bien que de vingt ans son a\u00een\u00e9, le duc de Brissac conservait une apparence athl\u00e9tique qui faisait de lui un tr\u00e8s bel homme. Comme Jeanne, il poss\u00e9dait de grands yeux bleus et un charisme qui faisait de lui un des meilleurs partis de Versailles.<\/p><p>Leur histoire d&rsquo;amour \u00e9tait sans ombrages, d&rsquo;une grande simplicit\u00e9. Pendant plus de seize ans, ils se sont aim\u00e9s d&rsquo;un amour pur et teint\u00e9 de romantisme, comme en t\u00e9moigne leur correspondance. Le duc de Brissac, aux antipodes du Comte du Barry, offrait \u00e0 Jeanne la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 dont elle avait besoin apr\u00e8s ses ann\u00e9es de faste. Elle obtint aupr\u00e8s de son amant la qui\u00e9tude \u00e0 laquelle elle avait toujours aspir\u00e9. Le duc \u00e9tait fort riche, g\u00e9n\u00e9reux et, \u00e0 l&rsquo;instar de Louis XV, l&rsquo;\u00e9rigeait en reine.<\/p><p>Aussi, malgr\u00e9 une br\u00e8ve incartade avec son voisin anglais le Lord Seymour, Jeanne demeura inexorablement fid\u00e8le \u00e0 celui qui a su lui prouver l&rsquo;\u00e9tendue de son amour en lui rendant notamment le ch\u00e2teau de Louveciennes.<\/p><h5 dir=\"ltr\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>R\u00e9volution , cr\u00e9puscule et autres trahisons<\/strong><\/span><\/h5><p>\u00c0 l&rsquo;aube de la R\u00e9volution, Jeanne du Barry \u00e9tait une femme m\u00fbre qui entretenait d\u00e9sormais des relations cordiales avec la reine Marie-Antoinette. Cette derni\u00e8re \u00e9tait devenue la ris\u00e9e du royaume \u00e0 cause de ses origines autrichiennes et de sa suppos\u00e9e tendance \u00e0 dilapider l&rsquo;argent public. En connaissant le m\u00eame ostracisme que son ancienne rivale, la reine finit par la comprendre et m\u00eame par l&rsquo;appr\u00e9cier.<\/p><p>Lors de la prise de la Bastille, le peuple oublia l&rsquo;ancienne favorite qui, \u00e0 la hauteur des \u00e9v\u00e9nements, \u00e9tait pass\u00e9e au second plan. Le duc de Brissac fut envoy\u00e9 en Anjou pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats royaux et Jeanne se retrouva donc seule \u00e0 Louveciennes. Si elle se languit de lui, la comtesse du Barry ne s&rsquo;int\u00e9ressait gu\u00e8re aux tumultes qui secouaient le royaume. Ayant \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de Cour depuis pr\u00e8s de vingt ans, elle ne se sentait plus concern\u00e9e par ce qui avait attrait \u00e0 la couronne. Aussi, comme de nombreux nobles, elle continua sa vie comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait.<\/p><p>Il fallut attendre le 15 f\u00e9vrier 1791 pour que la r\u00e9volution vienne rattraper Jeanne du Barry. En effet, les pillages se multipli\u00e8rent \u00e0 Paris et s&rsquo;\u00e9tendirent progressivement \u00e0 la province. Les aristocrates en \u00e9taient les principales victimes. L&rsquo;ancienne favorite n&rsquo;avait pas l&rsquo;impression d&rsquo;appartenir \u00e0 cette caste, aussi fut-elle la premi\u00e8re surprise lorsque le mar\u00e9chal des logis de Louveciennes lui apprit que son ch\u00e2teau avait \u00e9t\u00e9 cambriol\u00e9. Jeanne \u00e9tait alors \u00e0 Paris aupr\u00e8s du duc de Brissac et ce fut avec stupeur qu&rsquo;elle d\u00e9couvrit que les parures autrefois offertes par Louis XV avaient disparues.<\/p><p>C&rsquo;est le coup de massue pour Jeanne qui vit s&rsquo;envoler en une nuit les souvenirs de son amour disparu. Les bijoux symbolisant son idylle avec le d\u00e9funt roi, elle d\u00e9cida de tout faire pour les retrouver, quitte \u00e0 attirer l&rsquo;attention sur elle au sein d&rsquo;une p\u00e9riode fort d\u00e9l\u00e9t\u00e8re pour la noblesse. Les affiches de signalement se multipli\u00e8rent, d\u00e9crivaient avec exactitude le luxe des parures, chose qui n&rsquo;\u00e9chappa pas aux r\u00e9volutionnaires. Jeanne, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 retrouver ses bijoux, se rendit m\u00eame en Grande-Bretagne lorsque le magistrat de la Cit\u00e9, Nathaniel Parker-Forth, lui apprit l&rsquo;arrestation des voleurs.<br \/>L&rsquo;enqu\u00eate pi\u00e9tinait. L&rsquo;extradition n&rsquo;existant pas, les aveux du receleur incriminant un certain Jean-Baptiste Levet, commanditaire du vol, ne furent pas probants. Si les hommes de main, des sc\u00e9l\u00e9rats notoires, sont emprisonn\u00e9s \u00e0 la prison de l&rsquo;Abbaye, les pr\u00e9cieux bijoux ne sont pas restitu\u00e9s \u00e0 Jeanne. Un malheur n&rsquo;arrivant jamais seul, le duc de Brissac, devenu Commandant en Chef de la Garde Constitutionnelle du roi Louis XVI avant la convocation des \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux, est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Orl\u00e9ans. Le souvenir de ses amours pass\u00e9s, d\u00e9sormais sous scell\u00e9s Outre-Manche, son bonheur pr\u00e9sent en danger, c&rsquo;est l&rsquo;univers tout entier de Jeanne qui fut chamboul\u00e9. Toujours combative, elle accompagna son amant dans sa captivit\u00e9 en le visitant quotidiennement \u00e0 la prison d&rsquo;Orl\u00e9ans. Comme autrefois durant l&rsquo;agonie de Louis XV, Jeanne ne quitta pas ce qui sera le lit de mort du duc de Brissac.\u00a0<\/p><p dir=\"ltr\">Le 9 septembre 1792, alors en plein transfert pour Paris, le convoi de ce dernier est attaqu\u00e9 \u00e0 Versailles. La foule pi\u00e9tinait les prisonniers, les d\u00e9membraient \u00e0 m\u00eame le sol jusqu&rsquo;\u00e0 ce que mort s&rsquo;ensuive. Comme ultime provocation, la t\u00eate du duc de Brissac fut jet\u00e9e dans le jardin du ch\u00e2teau de Louveciennes.<\/p><p>Affaiblie par la disparition de son dernier amour, l&rsquo;ancienne favorite n&rsquo;\u00e9tait plus que l&rsquo;ombre d&rsquo;elle-m\u00eame. La plupart des grands noms de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime \u00e9tait soit emprisonn\u00e9e soit assassin\u00e9e, ce qui la pla\u00e7a dans une profonde solitude. Aussi, seule la perspective de retrouver ses bijoux la maintint en vie. Les aller-retours en Grande-Bretagne se multipli\u00e8rent.<br \/>La confiscation de son ch\u00e2teau de Louveciennes la condamna \u00e0 mort puisqu&rsquo;elle quitta Londres pour tenter de faire valoir ses droits et s&rsquo;exposa ainsi \u00e0 la violence des r\u00e9volutionnaires.<\/p><p>Son ancien page Zamor, l&rsquo;enfant que Jeanne \u00e9leva comme son propre fils la d\u00e9non\u00e7a sans scrupules au Tribunal r\u00e9volutionnaire. Pour le jeune homme, les s\u00e9jours en Angleterre de son ancienne protectrice relevaient du contre-espionnage en faveur de la couronne. Zamor a alors \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par les Jacobins qui firent de lui un membre du Comit\u00e9 de s\u00fbret\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et voua une haine sans merci \u00e0 Jeanne du Barry.<br \/>Sous les accusations accablantes de son ancien page, elle est emprisonn\u00e9e \u00e0 la prison de Saint-P\u00e9lagie, dans la m\u00eame cellule qu&rsquo;occupa ironiquement son ex-rivale Marie-Antoinette quelques semaines plus t\u00f4t. Zamor joua \u00e0 nouveau un r\u00f4le cl\u00e9 dans son proc\u00e8s puisqu&rsquo;il \u00e9voqua d&rsquo;hypoth\u00e9tiques humiliations qu&rsquo;il aurait subi pendant son enfance \u00e0 la Cour. Ces derni\u00e8res r\u00e9v\u00e9lations ent\u00e9rin\u00e8rent la d\u00e9cision du Tribunal r\u00e9volutionnaire de condamner \u00a0\u00bb la Du Barry \u00a0\u00bb \u00e0 mort par guillotine.<\/p><p>Jusqu&rsquo;au dernier moment, elle esp\u00e9ra r\u00e9cup\u00e9rer ses bijoux si bien que m\u00eame la veille de son ex\u00e9cution, elle tenta aupr\u00e8s des gardiens de monnayer son \u00e9vasion pour partir \u00e0 leur recherche. Le pass\u00e9 prenant le pas sur le pr\u00e9sent, Jeanne s&rsquo;y r\u00e9fugia pour ne pas avoir \u00e0 supporter la cruaut\u00e9 du sort qui lui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9. Un garde v\u00e9nal utilisa son d\u00e9sespoir pour lui extorquer ses derniers bijoux en \u00e9change des parures. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chafaud, Jeanne du Barry attendit de revoir ses bijoux, symbole de sa victoire sur sa condition et de l&rsquo;amour que le souverain lui portait.<br \/>Le 9 d\u00e9cembre 1793, au lendemain de sa mort, ironie encore, Zamor est arr\u00eat\u00e9 par les Girondins avec, comme motif d&rsquo;inculpation, d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le complice de son ancienne ma\u00eetresse.<\/p><p dir=\"ltr\">Aux yeux de la m\u00e9moire collective, Madame du Barry incarne la frivolit\u00e9 de Louis XV, ce roi bien-aim\u00e9 qui perdit la confiance de son peuple lors des derni\u00e8res ann\u00e9es de son r\u00e8gne. Plus largement, elle contribua au discr\u00e9dit g\u00e9n\u00e9ral des Bourbons et \u00e0 la d\u00e9liquescence du pouvoir royal de la fin du XVIII -\u00e8me si\u00e8cle. Or, il est \u00e9vident que la derni\u00e8re favorite \u00e9tait bien plus que cela. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une femme profond\u00e9ment moderne qui parvint \u00e0 gravir une \u00e0 une les marches de la soci\u00e9t\u00e9 pour se hisser \u00e0 son sommet. Amoureuse dans l&rsquo;\u00e2me, sa beaut\u00e9 f\u00fbt autant un atout qu&rsquo;une mal\u00e9diction tant elle attisa envie et jalousie. De Mademoiselle Lange, la demi-mondaine qui jouait de ses charmes pour quitter les bas-fonds de Paris \u00e0 premi\u00e8re dame tacite du royaume de France, Jeanne du Barry joua tous les r\u00f4les. N\u00e9e fille du peuple, elle entra dans la noblesse sans \u00eatre l\u00e9gitim\u00e9e par ses membres avant de mourir, ironiquement encore, comme une reine.<\/p><h5 dir=\"ltr\">\u00a9\u00a0M\u00e9lanie\u00a0Gaudry<\/h5><div class=\"yj6qo\">\u00a0<\/div><div class=\"adL\">\u00a0<\/div>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certaines favorites, en se hissant jusqu&rsquo;\u00e0 la place la plus envi\u00e9e de la Cour, y apportent un vent nouveau, un enthousiasme unique et ce, en d\u00e9pit de l&rsquo;hostilit\u00e9 des critiques. Jeanne du Barry (1743-1793), ma\u00eetresse de Louis XV lors de la derni\u00e8re partie de son r\u00e8gne, compta parmi elles. 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